Maison de Broudjerdi (Borujerdi House) à Kashan — visite, horaires, secrets | Pasargades
Kashan · quartier d’Alavi
Maison de Broudjerdi
خانه بروجردیها — la Maison des Boroudjerdi (ou Borujerdi House), l’un des chefs-d’œuvre incontournables de l’architecture persane traditionnelle à Kashan, construite en 1857 sous l’ère Qadjar par le célèbre architecte Ostad Ali Maryam, devenue aujourd’hui un musée public historique majeur ainsi que le siège de l’Organisation du patrimoine culturel de la ville de Kashan.
Construction
1857 Époque Qadjar
Architecte
Ostad Ali Maryam aussi maître des Tabatabaei
Chantier
18 ans 150 artisans
Horaires
Tous les jours 9h00–18h00
Les incontournables de la visite
La Maison de Broudjerdi (Borujerdi House) est sans conteste l’un des chefs-d’œuvre incontournables de l’architecture persane traditionnelle à Kashan. Construite en 1857 sous l’ère Qadjar par le célèbre architecte Ostad Ali Maryam, elle cache derrière son histoire d’amour — érigée par un riche marchand pour impressionner sa future mariée — des détails architecturaux fascinants :
Les tours du vent (Badguirs) : La maison se distingue par ses magnifiques badguirs à six faces s'élevant au-dessus du toit. Couplés à des cours intérieures construites en contrebas de la rue, ils captent les moindres brises pour rafraîchir naturellement les pièces durant les étés brûlants du désert.
Le dôme central : Le plafond en dôme du pavillon d'été présente de somptueuses muqarnas (stalactites architecturales) et des ouvertures géométriques minutieusement calculées pour filtrer la lumière.
Birouni et Andarouni : Comme toutes les demeures persanes de haut rang, elle est rigoureusement séparée entre la zone publique pour les invités (Birouni) et la zone intime réservée à la vie de famille (Andarouni).
La tour du vent de la maison : une climatisation naturelle perfectionnée par les architectes qadjars.
Situer la maison et horaires
Située au cœur du quartier historique des demeures traditionnelles de Kashan, elle se visite très facilement à pied en même temps que la Maison des Tabatabaei (sa voisine directe) et le Bain historique de Sultan Amir Ahmad.
🕰 Horaires d’ouverture
La maison est ouverte tous les jours de la semaine : du lundi au dimanche, de 9h00 à 18h00.
🚶 À deux pas
La Maison des Tabatabaei à environ 140 m et le hammam du Sultan Amir Ahmad juste à côté : la matinée se fait entièrement à pied.
☀️ Le bon moment
Venir plutôt en milieu de journée : les horaires peuvent varier selon la saison ou raccourcir durant le mois de Ramadan.
Le plan de la visite : la boucle à pied du quartier d’Alavi — la Maison de Broujerdji (musée public et siège du patrimoine culturel) fait face au Hammam Amir Ahmad (musée et salon de thé) et jouxte la Maison des Tabatabaei (point de départ) ; la Maison des Abbassi, Saraye Ameriha et la Maison de Manouchehri constituent des hébergements possibles.
Particularités architecturales & artistiques
Les « œuvres » artistiques qui font la renommée mondiale de la Maison de Boroudjerdi ne sont pas des tableaux mobiles accrochés aux murs, mais font partie intégrante de la structure même du bâtiment.
Ces chefs-d'œuvre ont été conçus et exécutés par les plus grands maîtres artisans de l’époque Qadjar, associant stucateurs d'élite et peintres décorateurs royaux.
Les œuvres majeures intégrées à la demeure
1. Les Fresques Murales du Salon de Réception (Talar)
Dans la grande salle du pavillon d'été (le Shah-Neshin ou salon royal), les murs sont recouverts de magnifiques peintures à l'huile et à l'aquarelle. Leurs thèmes sont très variés :
Des scènes de chasse royales représentant les rois de la dynastie Qadjar.
Des portraits d'influence européenne : Étonnamment, certaines œuvres intègrent la mode et les paysages bleutés d'Europe occidentale (très populaires auprès de l'élite persane du XIXe siècle).
Des miniatures persanes traditionnelles mettant en scène des motifs de fleurs, d'oiseaux et d'arabesques.
2. Les Sculptures sur Stuc (Gatch-bori)
Le travail du plâtre (stuc) dans cette maison est considéré comme l'un des plus raffinés d'Iran. Les maîtres stucateurs ont sculpté des reliefs d'une précision incroyable :
Des paniers de fruits, de fleurs et d'animaux en relief tridimensionnel qui encadrent les portes et les niches.
Les fameuses Muqarnas : des structures en stalactites sous le dôme principal qui créent un jeu d'ombre et de lumière géométrique fascinant.
3. Les Travaux de Miroirs et Vitraux (Ayeneh-kari)
Le dôme central et les pièces de réception utilisent la technique traditionnelle de l'Ayeneh-kari, qui consiste à assembler des milliers de fragments de miroirs pour créer des mosaïques étincelantes. Combinés à des vitraux colorés (Orosi), les miroirs reflètent la lumière naturelle tout au long de la journée, transformant les pièces en véritables kaléidoscopes.
❄️ Le musée souterrain secret (le Sharestan)
La maison cache un immense sous-sol — une crypte ventilée — qui servait de refuge pendant les mois d’été. Relié directement aux fameuses tours du vent (badguirs) par un ingénieux système de conduits verticaux et horizontaux, la température y reste constamment inférieure de 20 °C par rapport à l’extérieur : un modèle d'architecture bioclimatique d'adaptation au climat désertique.
Sur les murs du salon royal, des rois qadjars en habit européen, dans des paysages bleutés.Le sous-sol ventilé, relié aux badguirs : le refuge frais des étés de Kashan.
Le Stuc de la Maison Boroudjerdi : Une dentelle de pierre
Le stuc persan (Gatch-bori) n’est pas un simple moulage. Il s'agit d'une technique de sculpture sur plâtre humide d'une finesse extrême. À la Maison de Boroudjerdi, ce travail atteint un niveau de relief en trois dimensions exceptionnel :
Les Muqarnas tridimensionnels : Sous le dôme central, le stuc est taillé en milliers de niches concaves superposées (les alvéoles ou stalactites). Elles ne servent pas à soutenir le plafond, mais à fragmenter la lumière du désert pour adoucir l'ambiance intérieure.
Le répertoire iconographique : Contrairement à l'art islamique traditionnel purement géométrique, l'époque Qadjar s'ouvre à des représentations figuratives. Les linteaux de portes et les niches affichent de véritables tableaux sculptés : bouquets de roses (le symbole de Kashan), branches de grenadiers, et animaux fantastiques ou de chasse comme des lions et des oiseaux. Les artisans ont véritablement « fait de l’or avec de la poussière », mobilisant 150 ouvriers et maîtres artisans pendant 18 ans.
L’histoire : une romance et un défi familial
L’histoire de la Maison des Tabatabaei est intimement liée à celle de la Maison de Broudjerdi par une romance et un défi familial insolite.
Construite vers 1834 pour le riche marchand de tapis Seyyed Jafar Tabatabaei, la voisine incarne la quintessence du luxe de l’époque Qadjar et a servi de modèle d’exigence pour la maison de Broudjerdi.
Le défi de mariage à l’origine de la Maison de Broudjerdi
L’anecdote historique qui relie les deux demeures est l’une des plus célèbres d’Iran.
La demande
Un fils éperdument amoureux
Le fils de la famille Broudjerdi (Haj Mehdi Boroujerdi), un richissime négociant, tomba éperdument amoureux de la fille de la famille Tabatabaei.
💍 La demande en mariage
La condition
Une maison au moins aussi belle
Seyyed Jafar Tabatabaei, extrêmement fier de sa somptueuse demeure, accepta de donner la main de sa fille à une seule condition : le jeune marié devait lui construire une maison au moins aussi belle et raffinée que celle dans laquelle sa fille avait grandi.
🏛 L’exigence du père
Le résultat
Dix-huit ans de patience
Le gendre accepta le défi et engagea le même architecte de génie, Ostad Ali Maryam. La construction de la Maison de Broudjerdi prit 18 ans, durant lesquels la jeune mariée vécut temporairement chez ses beaux-parents en attendant que son palais soit achevé.
⏳ 18 ans de chantier
Les secrets de la Maison des Tabatabaei
Si la Maison de Broudjerdi impressionne par son dôme spectaculaire, la Maison des Tabatabaei la surpasse en taille et en complexité structurelle : elle est souvent surnommée la « Reine des maisons historiques d’Iran ».
🏗 Une taille monumentale
Elle s’étend sur près de 5 000 mètres carrés et compte 4 cours intérieures, 40 pièces, 3 badguirs (tours du vent) et 2 grands canaux d’eau souterrains (qanats) pour alimenter ses fontaines.
🚪 L’architecture introvertie
Comme toutes les demeures du désert, elle est conçue pour protéger l’intimité familiale des regards extérieurs : depuis la rue, rien ne laisse deviner la richesse cachée derrière ses hauts murs de brique.
🌈 Le vitrail et la lumière
La salle de réception principale (Shah-Neshin) est un chef-d’œuvre absolu, ornée de vitraux colorés qui projettent des motifs géométriques multicolores sur le sol en marbre lorsque le soleil traverse les fenêtres en bois de plane.
Des reliefs en stuc uniques : contrairement aux motifs russes ou européens de sa voisine, les stucs de la Maison des Tabatabaei se concentrent sur des motifs persans ultra-traditionnels, inspirés des dessins des tapis fins que le propriétaire exportait vers la Russie et l’Inde.
Les trois sections du palais
Le domaine est divisé en zones très strictes qui reflètent le mode de vie du XIXe siècle.
🔒 L’Andaruni (zone privée)
C’était le cœur de la vie de famille, où résidaient les femmes et les enfants, articulé autour d’une cour fermée pour garantir une totale liberté sans voile.
🤝 Le Biruni (zone publique)
Destiné à recevoir les marchands, les invités et à traiter les affaires commerciales de la famille.
🍽 Le Khadam-Neshin (quartier des domestiques)
Une zone totalement indépendante comprenant les cuisines, les écuries et les logements du personnel, pour ne jamais croiser les invités ou la famille de manière impromptue.
Poursuivre à Kashan
La maison de Broudjerdi se combine idéalement avec les autres trésors de Kashan, tous situés dans le même quartier ou à courte distance.