Aller au contenu

Nouche Abad Ville Souterraine - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

Sauter le menu
Sauter le menu

Nouche Abad Ville Souterraine

La ville souterraine de Nush Abad (Ouyi) à Kashan — visite, horaires, secrets | Pasargades
Kashan · Province d’Ispahan · Patrimoine sassanide

La ville souterraine de Nush Abad

شهر زیرزمینی نوش‌آباد — la cité souterraine d’Ouyi (ou Oueï), l’un des plus prodigieux chefs-d’œuvre de l’ingénierie militaire antique : une forteresse troglodytique de près de 4 hectares creusée sur 3 niveaux sous le désert pour abriter jusqu'à 3 000 âmes lors des grandes invasions.

CHRONOLOGIE
1 500 ans
Empire sassanide (VIᵉ s.)
SUPERFICIE ESTIMÉE
4 hectares
Capacité : 3 000 réfugiés
PROFONDEUR
3 niveaux
Jusqu'à 18–22 m sous terre
TEMPÉRATURE CONSTANTE
18°C à 20°C
Thermosiphon & qanats actifs

Les incontournables de la visite

Au cœur du désert iranien, à seulement 7 à 8 kilomètres au nord de Kashan, dans la province d'Ispahan, se cache l'un des plus extraordinaires chefs-d'œuvre de l'ingénierie militaire antique : la ville souterraine de Nush Abad, également connue sous les noms de Noush Abâd, Nowshabad, Nouche Abad ou Ouyi (Oueï).

Longtemps oubliée sous les rues de la ville moderne, cette immense forteresse souterraine, creusée entièrement à la main il y a près de 1 500 ans, constitue aujourd'hui l'un des ensembles défensifs les plus remarquables jamais découverts au Moyen-Orient. Son architecture sophistiquée démontre le remarquable savoir-faire des bâtisseurs de l'Empire sassanide, capables de concevoir une véritable cité-miroir cachée sous terre afin de protéger les habitants des invasions et des conditions climatiques extrêmes du désert.

Situer la cité d'Ouyi, horaires & billets

La cité souterraine se situe sous l'actuelle petite ville de Nushabad, accessible en une dizaine de minutes en taxi depuis le centre historique de Kashan. L'accès principal s'effectue au pied du grand réservoir d'eau historique (*Ab Anbar*).

🕰 Horaires d’ouverture

Ouvert tous les jours de l'année, de 09h00 à 17h30 (horaires élargis jusqu'à 19h00 au printemps lors de la fête des roses). Visite guidée complète d'environ 45 minutes à 1 heure.

🎟 Tarifs & accès

Billet délivré à l'entrée de l'Ab Anbar de Nushabad. L'accès s'effectue facilement en taxi ou chauffeur privé depuis Kashan (7 à 8 km au nord par la route de Nushabad).

☀️ Le bon moment sous terre

Température constante comprise entre 18°C et 20°C toute l'année. Une fraîcheur salvatrice lors des étés torrides du désert. Chaussures fermées recommandées pour franchir les marches creusées.

Conseil d'itinéraire : Combinez la découverte matinale de Nush Abad avec les maisons patriciennes du quartier Bastan l'après-midi, ou poursuivez vers le nord en direction des dunes dorées du désert de Maranjab.

Une forteresse invisible née sous l'Empire sassanide

Les origines de Nush Abad remontent au VIᵉ siècle, durant l'Empire sassanide, dernière grande dynastie perse avant la conquête arabe. Selon la tradition locale, un commandant sassanide, séduit par la douceur et la pureté de l'eau de cette oasis désertique, ordonna l'établissement d'une colonie fortifiée qui allait progressivement devenir la ville de Nush Abad.

C'est sous cette agglomération que fut patiemment creusé un vaste réseau souterrain destiné à servir de refuge collectif. À une époque où les attaques des armées ennemies, des pillards nomades et des envahisseurs venus des steppes d'Asie centrale étaient fréquentes, les habitants avaient besoin d'un système de protection absolue leur permettant de disparaître sous terre en quelques minutes sans laisser la moindre trace visible.

Au fil des siècles, la forteresse souterraine continua d'être entretenue et agrandie sous les dynasties seldjoukide, safavide puis qâdjâre, avant d'être progressivement abandonnée à l'époque moderne et finalement ensevelie sous les alluvions et les sédiments fluviaux.

La redécouverte de 2002 : le secret percé par un puisatier

Pendant plus de cinq siècles, l'existence de cette immense ville souterraine tomba complètement dans l'oubli, devenant une simple légende transmise à voix basse au coin du feu par les anciens du village.

Ce n'est qu'au printemps 2002 que le secret refit surface de manière spectaculaire. Alors qu'un habitant creusait un puits d'évacuation dans le sol de sa maison, son outil perça soudain la voûte d'une cavité inconnue. En descendant prudemment avec une lampe torche pour sonder la brèche, il découvrit un vaste réseau de galeries taillées, de chambres et d'arches parfaitement intactes.

Les archéologues dépêchés sur place comprirent rapidement qu'il ne s'agissait nullement d'une simple cave domestique, mais d'une gigantesque cité souterraine s'étendant sous l'ensemble du tissu urbain historique. Aujourd'hui encore, les campagnes de fouilles archéologiques continuent de mettre au jour de nouveaux tronçons inexplorés.

L'un des plus grands réseaux souterrains antiques d'Iran

Les estimations scientifiques actuelles évaluent la superficie totale de la cité souterraine à près de 4 hectares, bien que certains chercheurs estiment que son extension réelle pourrait être bien supérieure et relier d'anciens avant-postes défensifs de la plaine.

Une fraction seulement a été déblayée et consolidée, de nombreux embranchements demeurant encore scellés sous les fondations des habitations actuelles.

D'après les calculs volumétriques et la répartition des espaces de stockage, la cité pouvait accueillir jusqu'à 3 000 personnes, soit l'intégralité de la population de l'oasis réfugiée sous terre en cas de siège prolongé.

À ce jour, le parcours ouvert au public comprend environ 500 mètres de galeries aménagées et sécurisées au premier et au deuxième niveau, offrant une immersion vertigineuse dans le quotidien des assiégés.

Une architecture militaire d'une incroyable ingéniosité

La ville de Nush Abad n'a jamais été un simple abri de fortune creusé à la hâte : elle fut dessinée et exécutée selon les règles les plus strictes de la poliorcétique et du génie militaire antique perse.

Trois niveaux entièrement creusés dans la roche

Le complexe souterrain s'étage avec une précision millimétrée sur trois niveaux verticaux superposés :

  • Premier niveau : situé à environ 3 à 4 mètres sous la surface du sol, il servait de zone tampon, d'antichambre d'accès et d'aiguillage rapide ;
  • Deuxième niveau : situé vers 8 mètres de profondeur, il abritait les espaces de repli tactique et les premières chambres de repos ;
  • Troisième niveau : enfoui entre 16 et 18 mètres, certaines sections descendant jusqu'à 22 mètres sous terre. Ce sanctuaire le plus profond abritait les familles, les réserves alimentaires stratégiques et les connexions vitales aux qanats.

Les étages ne communiquent jamais par de larges escaliers directs, mais par des puits verticaux et des passages décalés spécialement conçus pour empêcher toute descente en masse d'un régiment ennemi.

Des galeries profilées pour la défense asymétrique

Les couloirs présentent une hauteur calculée entre 1,70 mètre et 1,80 mètre et une largeur d'à peine 70 à 80 centimètres, permettant le passage fluide d'un habitant connaissant les lieux tout en limitant radicalement les mouvements d'un guerrier armé.

Les boyaux sont volontairement étroits, sinueux, irréguliers et jalonnés de bifurcations aveugles. Cette géométrie brisait l'élan des troupes adverses, interdisait le maniement de lances ou de boucliers larges, et permettait à une poignée de défenseurs tapis dans des niches latérales d'anéantir des assaillants désorientés.

Couloir sinueux et arches de briques cuites de la ville souterraine de Nushabad
Galeries de circulation d'Ouyi : profil sinueux et voûtes de renfort en briques cuites, empêchant les envahisseurs de progresser de front.
Chambre souterraine familiale creusée dans le sol argileux de Nushabad
Chambre de refuge familial creusée dans l'argile consolidée : les banquettes de repos et les fosses de réserve permettaient à plusieurs foyers de cohabiter en autarcie.

Des pièges ingénieux et des chausse-trappes

Afin d'interdire toute pénétration adverse dans le labyrinthe, les ingénieurs perses multiplièrent les obstacles passifs et les chausse-trappes redoutables.

Les entrées de surface étaient minutieusement dissimulées sous les foyers des cuisines, l'intérieur des armoires murales, les enclos à bestiaux, le fond des puits secs et même sous les travées du vieux bazar. Une fois la population engouffrée dans les entrailles de la terre, les dalles d'accès étaient verrouillées et recouvertes de poussière, rendant l'orifice indétectable aux yeux des patrouilles.

Tout assaillant parvenant par hasard à forcer une entrée se heurtait aussitôt à une succession de coupe-gorges : puits verticaux aveugles où la corde d'accès avait été retirée, chicanes à angle droit plongeant dans le noir absolu, et meurtrières zénithales permettant aux sentinelles de déverser pierres et projectiles lourds.

Les boyaux en « U » et les chausse-trappes : la tactique militaire invisible

L'une des inventions tactiques les plus remarquables de Nush Abad réside dans l'adoption des boyaux de franchissement sculptés en profil de « U » incurvé. Pour progresser d'une section à une autre, tout individu devait obligatoirement ramper, descendre dans une fosse étroite puis s'extirper vers le haut par une cheminée d'à peine soixante centimètres de large.

Ce profil balistique conférait aux défenseurs trois supériorités décisives :

  • L'exposition fatale de la nuque : au moment où l'assaillant se hissait avec ses deux mains par l'orifice supérieur, il présentait sa nuque et son cou sans aucune protection aux coups d'estoc portés par les défenseurs dissimulés au-dessus de la crête ;
  • L'inutilité de l'armement lourd : les envahisseurs ne pouvaient ni bander un arc, ni manier une lance de cavalerie, ni même brandir un glaive dans ces conduits tubulaires ;
  • La résonance acoustique amplifiée : la terre argileuse réverbérait le moindre bruit métallique d'une cotte de mailles ou d'un fourreau contre la roche, alertant les guetteurs bien avant l'apparition de l'intrus.

Une ventilation naturelle remarquable

Comment faire respirer trois mille réfugiés confinés pendant plusieurs semaines à vingt mètres sous terre sans qu'ils ne meurent asphyxiés ? C'est dans la résolution de ce défi thermodynamique que réside l'un des sommets de l'ingénierie sassanide.

Les bâtisseurs mirent au point un réseau vertical de cheminées de ventilation relié aux puits d'aération débouchant discrètement en surface dans les murs des bâtisses ou les cours des maisons. Grâce aux différences de pression barométrique et de température entre les différents niveaux, un courant d'air naturel permanent était généré selon le principe du thermosiphon.

L'air frais descendait par les conduits orientés face aux brises dominantes tandis que l'air vicié et chaud s'échappait par les cheminées d'évacuation. Encore aujourd'hui, les visiteurs qui parcourent les galeries d'Ouyi sont frappés par la pureté de l'atmosphère et par une fraîcheur constante de 18°C à 20°C, y compris lorsque le thermomètre de la surface frôle les 48°C à l'ombre.

Une autonomie presque complète sous le désert

La cité souterraine d'Ouyi fut pensée comme un organisme vivant capable de fonctionner en autarcie complète durant de longs mois de siège.

Les dégagements archéologiques ont mis au jour une trame urbaine complète : pièces de séjour familiales dotées de banquettes de repos sculptées dans l'argile, salles de réunion communautaires, postes de garde avancés, fosses à grains, silos à vivres et même des latrines sèches avec conduits de drainage évacuant les effluents vers des zones sédimentaires étanches.

L'éclairage était assuré par des lampes en terre cuite remplies de graisse animale purifiée. Des centaines de petites niches triangulaires avaient été excavées à hauteur d'homme dans les parois des galeries pour accueillir ces godets, dont la réverbération tamisée guidait les habitants sans générer de suies suffocantes.

Fait saisissant : la cité tout entière a été sculptée par soustraction de matière, directement dans le limon géologique consolidé, sans mortier ni poutres d'étaiement, à l'aide de simples pioches métalliques dont les empreintes d'attaque sont encore parfaitement lisibles sur les parois.

Escalier monumental voûté en briques de l'Ab Anbar de Nushabad
Escalier monumental en briques de l'Ab Anbar : la vertigineuse descente vers le réservoir traditionnel d'eau et les premiers boyaux sassanides.
Perspective sur un couloir incurvé et sinueux d'Ouyi
Perspective sur un couloir incurvé d'Ouyi : la sinuosité millimétrée brisait instantanément les lignes de tir et plongeait l'ennemi dans un désarroi tactique total.

L'eau matricielle : symbiose vitale entre la cité d'Ouyi et les Qanats de Kashan

Dans un écosystème désertique aride où toute eau de surface s'évapore instantanément, la survie prolongée d'une communauté de 3 000 réfugiés dépendait d'un approvisionnement inexpugnable en eau pure. Les ingénieurs sassanides réalisèrent une prouesse hydraulique majeure en raccordant directement le troisième niveau d'Ouyi aux galeries d'écoulement souterraines des qanats descendant de la chaîne montagneuse des monts Karkas.

Ce cordon ombilical aquatique garantissait :

  • Une eau courante intarissable : les habitants puisaient directement une eau fraîchement filtrée par les alluvions montagneuses, sans que les assaillants en surface ne puissent empoisonner, détourner ou assécher la ressource ;
  • L'effet rafraîchissant adiabatique : le ruissellement d'une eau à 14°C à près de vingt mètres sous terre humidifiait l'air sec du désert et entretenait l'aspiration dynamique de l'air frais depuis la surface ;
  • Une hygiène sanitaire irréprochable : les effluents des latrines étaient évacués vers des puisards drainants situés en aval géologique strict, prévenant toute prolifération épidémique durant les longues semaines de claustration.

Une prouesse d'ingénierie sans équivalent

Les historiens de l'art et les spécialistes des fortifications considèrent aujourd'hui Nush Abad comme l'une des réalisations les plus accomplies de l'architecture défensive antique au monde.

Contrairement aux cités troglodytiques d'Anatolie ou de Cappadoce creusées dans le tuf volcanique tendre, Ouyi a été excavée dans une formation de limon et d'argile compacte qui exigeait une parfaite maîtrise des poussées telluriques et des voûtes auto-portantes. Nush Abad n'était pas un habitat permanent, mais une ville-refuge militarisée, dotée d'une flexibilité logistique hors norme.

« Ouyi n'est pas un simple refuge sous terre : c'est une cité-miroir invisibilisée sous le désert, où la survie de 3 000 âmes était assurée par une thermodynamique parfaite et un plan de bataille souterrain sans égal. » Architecture militaire de l'Empire sassanide

Son réseau réunit dans une symbiose unique la défense armée, la circulation d'urgence, la ventilation passive, l'accès permanent aux nappes d'eau, le stockage des grains et la dissimulation absolue. Un tel degré de planification témoigne de l'exceptionnelle virtuosité des architectes perses de l'Antiquité tardive.

Les 5 anecdotes fascinantes et insolites

La cité souterraine d'Ouyi regorge d'anecdotes captivantes, transmises par la mémoire orale de l'oasis de Nushabad et confirmées par les fouilles archéologiques récentes :

1. Le cri d'alerte « Ouyi ! » qui donna son nom millénaire au réseau

Le toponyme indigène de la ville souterraine, Ouyi (ou Oueï), tire son origine du cri d'alarme poussé par les guetteurs postés au sommet des tours de surveillance de l'oasis. À la vue des colonnes de poussière trahissant la charge des cavaliers ennemis à l'horizon, la sentinelle hurlait le mot dialectal persan « Ouyi ! » (« C'est lui ! » ou « Par ici ! »). L'écho se propageait d'échoppe en habitation, donnant le signal immédiat aux familles de disparaître sous terre en quelques minutes par les trappes des cuisines.

2. La pioche providentielle de 2002 : le puisatier perce le secret des siècles

Pendant plus de cinq siècles, l'existence de cette mégastructure de 4 hectares avait été totalement effacée de la mémoire collective des habitants. Ce n'est qu'au printemps 2002 qu'un puisatier forant un puits d'évacuation dans la cour d'une maison privée vit soudain son outil traverser une croûte de terre et s'enfoncer dans le vide. Descendu à la corde avec une torche, il crut d'abord explorer le trésor d'un géant mythique avant que les archéologues de Kashan ne réalisent qu'il venait d'ouvrir l'un des plus vastes labyrinthes antiques d'Asie occidentale.

3. L'illusion olfactive des lampes à graisse et le suif purifié

Allumer des centaines de lampes sous terre représentait un danger mortel : la fumée pouvait asphyxier les occupants ou trahir leur présence par des odeurs d'huile brûlée s'échappant en surface. Les habitants utilisaient une graisse animale soigneusement purifiée et désodorisée mélangée à des sucs végétaux locaux. Les lampes en terre cuite étaient disposées dans des niches murales triangulaires dessinées pour piéger la suie et réfléchir la clarté vers le sol par réverbération sans dégager de fumées perceptibles.

4. Les puits verticaux sans échelle et la corde escamotée

Le passage entre le premier niveau et les étages inférieurs ne s'effectuait jamais par de confortables escaliers droits, mais par d'étroits conduits verticaux de 60 centimètres de diamètre. Les villageois s'y hissaient à la force des bras à l'aide d'une corde nouée et d'encoches taillées dans la glaise. Dès que le dernier habitant avait franchi le puits, la corde était retirée : tout assaillant tentant de sauter à l'aveugle dans l'obscurité faisait une chute mortelle de 8 à 12 mètres sur un sol durci ou hérissé de pieux acérés.

5. L'étymologie de Nush Abad : « Que cette eau soit douce et source de vie ! »

Selon une légende vivace rapportée par les historiens persans, le grand souverain sassanide Khosro Iᵉʳ Anushirvan traversait cette plaine aride lorsqu'il s'arrêta près d'un puits d'eau douce d'une pureté cristalline. Désaltéré par cette onde délicieuse jaillissant au milieu du désert, le monarque s'exclama en persan : « Anush bad ! » (« Que cette eau soit douce et donne la vie éternelle ! »). Cette bénédiction royale donna naissance au toponyme Noush Abâd (« la cité à l'eau douce »).

Les joyaux de la région de Kashan, comparés

De la préhistoire la plus reculée aux grandes résidences aristocratiques qadjars, la région de Kashan offre un panorama patrimonial d'une exceptionnelle densité. Voici comment se situe Nush Abad au sein de cet ensemble exceptionnel :

Monument / Site Époque & Datation Typologie architecturale Particularités majeures
Ville souterraine de Nush Abad (Ouyi) VIᵉ siècle (Empire sassanide) Forteresse troglodytique sur 3 étages 3 niveaux taillés jusqu'à 18–22 m, 4 ha, 3 000 réfugiés, boyaux en U, aération naturelle et qanats.
Tepe Sialk 6000 – 3000 av. J.-C. Tells stratifiés & ziggourat en briques Berceau mondial de la métallurgie de l'argent, poteries peintes à bouquetins, tablettes proto-élamites.
Jardin de Fin (Bagh-e Fin) XVIᵉ – XIXᵉ s. (Safavide / Qâdjâr) Jardin persan monumental (UNESCO) Bassin de la source de Salomon, fontaines gravitaires sans pompe, cyprès séculaires et hammam royal.
Mosquée Agha Bozorg XIXᵉ siècle (Dynastie qâdjâre) Mosquée-madrasa sur 4 niveaux Cour étagée en fosse (godal-baghtcheh), dôme à double coque surbaissé et école coranique intégrée.
Hammam Sultan Amir Ahmad XVIᵉ – XIXᵉ siècle Bain thermal traditionnel d'apparat Stucs sarouj turquoise, voûtes aux lentilles de verre convexes, toit panoramique emblématique.
Palais Ameriha Fin XVIIIᵉ – XIXᵉ siècle Grande demeure seigneuriale patricienne 9 000 m², 7 cours intérieures, plus hauts badgirs de la ville, hébergement possible d'exception.
Maison des Abbassi Fin XVIIIᵉ siècle (Ostad Mohammad) Résidence creusée sur 5 niveaux Architecture sous le niveau de la rue, isolation climatique parfaite, stucs et miroirs d'apparat.

Situation géographique, itinéraire & saveurs de l'oasis

Située à seulement 7 à 8 kilomètres au nord de Kashan, la cité d'Ouyi constitue l'excursion complémentaire idéale aux chefs-d'œuvre du quartier historique Bastan et du Jardin de Fin. En quittant le centre-ville de Kashan par l'avenue Darvazeh Esfahan en direction du nord, la route traverse une frange agricole verdoyante avant d'atteindre l'oasis de Nushabad, aux portes du grand désert du Dasht-e Kavir :

Plan d'orientation patrimonial de la région de Kashan : Nush Abad se situe à 7–8 km au nord du centre historique et de ses célèbres demeures (Abbassi, Ameriha, Tabatabaei), formant une excursion incontournable en synergie avec les joyaux du quartier Bastan (cliquez sur chaque monument pour consulter sa fiche détaillée).
Verre de thé persan traditionnel doré avec son bâtonnet de sucre cristallisé au safran nabat
L'art de l'accueil perse à Kashan : thé chaud doré parfumé aux boutons de rose de Damas et servi avec son bâtonnet de sucre cristallisé au safran (nabat).
Festin traditionnel persan sur plateau traditionnel avec riz au tahdig croustillant viandes et salade
Saveurs d'oasis : festin traditionnel persan dressé sur plateau en cuivre ciselé (sini), avec riz safrané au tahdig croustillant, grillades, salade fraîche et doogh à la menthe.

Hébergement possible & gastronomie à proximité de Nush Abad

Où séjourner autour de Nush Abad : En raison de la proximité immédiate de Kashan (10 minutes de trajet), il est vivement recommandé d'établir sa base dans l'une des magnifiques demeures historiques restaurées de la ville. Un hébergement possible d'exception est proposé au Palais Ameriha, vaste complexe aristocratique transformé en hôtel de charme avec ses cours à bassins, ou à la Maison Manouchehri. Pour un budget plus accessible, plusieurs maisons d'hôtes traditionnelles du quartier Bastan offrent un accueil chaleureux au milieu des cours arborées de grenadiers.

Halte gourmande et spécialités de l'oasis : Après avoir exploré les profondeurs d'Ouyi, savourez la gastronomie de Kashan dans les salons de thé aménagés dans d'anciens caravansérails ou hammams. Ne manquez pas de goûter :

  • Le Gusht-e Lubia : potée réconfortante d'agneau effiloché, de haricots blancs et de cannelle, servie avec du riz safrané parfumé à l'aneth ;
  • Le Shefteh Kashani : boulettes délicates de viande hachée, farine de pois chiches, oignons doux et mélasse de grenade aigre-douce ;
  • Les confiseries locales : le fameux halva au sésame, les galettes sablées sohan-e asali et les sirops rafraîchissants sharbat à l'eau de rose de Ghamsar et aux graines de basilic.

Poursuivre la découverte à Kashan

La visite de Nush Abad se combine idéalement avec les autres chefs-d'œuvre de la région de Kashan, situés à quelques minutes de route :

Encyclopédie indépendante — liens fournis à titre documentaire. Illustrations et cartographie reconstituées à des fins éditoriales.

Retourner au contenu