Les pièces maîtresses de la collection
Le musée rassemble des joyaux d'une opulence sans équivalent dans l'histoire universelle :
Le Darya-ye Nour (Mer de Lumière)
Le plus grand diamant rose brut au monde, pesant environ 182 carats. D'une pureté exceptionnelle et d'une teinte rose pâle diaphane rarissime, il constitue l'emblème absolu de la collection impériale iranienne.
Le Globe des Joyaux
Un globe terrestre en or massif de 34 kilogrammes, incrusté de plus de 51 000 pierres précieuses. Conçu sous Nasser al-Din Shah, les mers y sont figurées par des émeraudes scintillantes et les continents par des rubis flamboyants.
Le Trône du Paon (Takhte Tavous)
Un trône royal d'une opulence légendaire commandé sous Fath Ali Shah en 1800, comportant plus de 26 000 pierres précieuses serties dans des panneaux d'or massif ciselé.
Les Couronnes Royales
Notamment la couronne de la dynastie Kiani (utilisée sous les Qajars) et la couronne impériale des Pahlavi (créée en 1926 pour Reza Shah), chargées de milliers de diamants, perles fines et émeraudes d'une pureté exceptionnelle.
D'autres joyaux légendaires à ne pas manquer
Le Diamant Nour-ul-Ain
Un magnifique diamant rose de 60 carats. Il s'agit en réalité du « jumeau » du Darya-ye Nour : les chercheurs ont découvert que ces deux diamants ont été taillés dans une seule et unique pierre immense de 242 carats, le Great Table Diamond, rapporté d'Inde au XVIIIe siècle.
Le Spinelle de Samarie (Samarian Spinel)
C'est le plus grand spinelle rouge du monde, pesant pas moins de 500 carats. Une inscription gravée dessus indique qu'il a appartenu à l'empereur moghol Shah Jahan, le bâtisseur du Taj Mahal.
La Couronne de l'Impératrice Farah
Conçue en 1967 par le joaillier français Van Cleef & Arpels pour le couronnement de la dernière impératrice d'Iran. Fait exceptionnel : la loi interdisant la sortie des joyaux du Trésor National, les artisans parisiens ont dû installer leur atelier directement dans la chambre forte de la Banque centrale pour fabriquer la couronne sur place.
L'Épée et le Bouclier de Nader Shah
Une épée de parade entièrement recouverte de diamants précieux de la garde jusqu'au fourreau, accompagnée du bouclier en peau de rhinocéros constellé d'émeraudes, de rubis et de diamants que le roi portait lors de ses campagnes.
💎 Des excentricités inimaginables
- Les perles du golfe Persique : L'une des vitrines contient des boîtes entières remplies de perles naturelles non montées, comme de simples billes. Parmi elles se trouve une pièce unique : un pommeau de trône entièrement tissé de perles de taille identique.
- Les aigrettes de chapeau (Jeqeh) : Les shahs adoraient orner leurs turbans d'aigrettes faites de plumes de héron maintenues par d'immenses pierres. La collection en compte des dizaines, toutes serties de diamants de plus de 50 carats et d'émeraudes massives.
L'origine mouvementée du Trésor et son rôle financier
La constitution de cette collection unique au monde traverse trois grandes époques impériales :
Les Safavides (Les fondateurs, XVIe–XVIIIe s.)
C'est sous leur règne que les joyaux ont commencé à être collectés de manière systématique à travers le monde. Lorsque l'Iran a été envahi par les Afghans en 1722, le trésor a été pillé. Le célèbre roi Nader Shah a mené une contre-attaque fulgurante jusqu'en Inde pour récupérer les bijoux pillés, ramenant les plus gros diamants de la collection (dont le Darya-ye Nour).
Les Qadjars (L'excès et l'extravagance, XVIIIe–XXe s.)
Leurs rois adoraient le spectaculaire et le faste absolu. C'est à eux que l'on doit le fameux Globe des Joyaux (créé avec 51 000 pierres car le souverain ne savait plus comment utiliser ses gemmes en vrac !) ainsi que les trônes d'apparat en or massif.
Les Pahlavis (Modernisation et haute joaillerie, XXe s.)
Leurs pièces se distinguent par une élégance très moderne, mêlant les pierres historiques de l'Iran au savoir-faire des plus grandes maisons de joaillerie parisiennes comme Van Cleef & Arpels et Cartier.
⚖️ Une fonction financière constitutionnelle bien réelle
Contrairement aux joyaux de la Couronne britannique qui appartiennent à la monarchie, les joyaux iraniens ont été légalement transférés à l'État dans les années 1930 sous Reza Shah. Ils sont déposés à la Banque centrale d'Iran car ils servent constitutionnellement de garantie financière pour la monnaie nationale (le Rial). En clair, la valeur de la monnaie iranienne est en partie adossée à la valeur de ces diamants et émeraudes enfermés sous terre.
Une visite sous très haute tension dans la chambre forte
L'ambiance à l'intérieur de la chambre forte de la Banque centrale d'Iran est d'une intensité rare :
Les murs en béton armé font plusieurs mètres d'épaisseur. Les portes massives en acier sont comparables à celles des plus grandes réserves d'or mondiales.
Si vous vous approchez à moins de quelques centimètres d'une vitrine, des alarmes ultra-sensibles se déclenchent instantanément.
En raison de la résonance de la voûte et de la présence permanente de gardes armés, la visite se fait dans un murmure total des visiteurs, impressionnés par les milliards de dollars qui scintillent dans la pénombre.
Informations pratiques et contraintes de visite
La visite de ce musée est une expérience unique, mais elle est soumise à des conditions de sécurité très strictes en raison de la nature des lieux :
Samedi au mardi uniquement
Le musée n'est ouvert que du samedi au mardi. Les horaires d'ouverture au public sont très limités, généralement concentrés sur une courte fenêtre en journée (le plus souvent de 14h00 à 17h00 ou selon les périodes de 10h00 à 12h00 ; les guichets ferment 30 minutes avant). Il est fermé du mercredi au vendredi ainsi que les jours fériés iraniens.
Sécurité & restrictions
Les photos et vidéos sont strictement interdites. Toutes les affaires personnelles (sacs, téléphones portables, appareils photo) doivent obligatoirement être laissées à la consigne sécurisée à l'entrée.
Restrictions d'accès & Accessibilité
Les enfants de moins de 12 ans ne sont pas admis dans la chambre forte. De plus, le site est difficile d'accès pour les personnes à mobilité réduite car il comporte plusieurs escaliers imposants pour descendre aux sous-sols et aucun ascenseur. Situé sur la rue Ferdowsi, en plein cœur de Téhéran.
Que faire juste à côté ?
Puisque la visite du musée est très courte (restreinte à une fenêtre d'environ 2 heures en journée), vous pouvez facilement combiner votre venue avec d'autres pépites du centre historique accessibles à pied :
Un chef-d'œuvre de l'époque Qajar classé à l'UNESCO, célèbre pour ses salles des miroirs et ses jardins impériaux.
Le musée du verre et de la céramique, installé dans la magnifique demeure historique d'Ahmad Qavam sur la rue Si-e Tir.
Pour plonger au cœur de l'effervescence commerciale et des galeries couvertes traditionnelles de la capitale.













