Au nord-est de l’Iran, à plus de 900 km de Téhéran, Mashhad — Mašhad, capitale du Khorassan-e Razavi — est la deuxième ville du pays et l’une des plus saintes du chiisme : plus de 20 millions de pèlerins y convergent chaque année, et on la surnomme la « ville aux mille visages ».
Son nom est né d’une mémoire sacrée : en 818, le huitième imam Ali al-Rida meurt à Touss et repose dans le jardin de Hâroun al-Rachîd, près de l’ancien village de Sanabad. Le persan mashhad signifie « lieu du martyre » : Mashhad al-Ridâ, le lieu du martyre de Ridâ, a donné son nom à la ville.
Dès les Xe-XIe siècles le sanctuaire grandit tandis que Touss décline : sous les Safavides, quand le chiisme duodécimain devient religion d’État, Mashhad s’impose comme centre spirituel majeur, comparable à Qom et Najaf — son ensemble monumental, l’une des plus grandes mosquées du monde, enserre la mosquée Goharshad des Timourides.
Et tout le Khorassan y converge : à Touss, Ferdowsi et la tombe Haruniyeh ; à Neychapour, Attar et Omar Khayyam — autour de l’esplanade de marbre, vingt millions de visiteurs marchent chaque année dans la mémoire des imams et des poètes.