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Hauts lieux incontournables de Kashan - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Hauts lieux incontournables de Kashan

Hauts lieux incontournables de Kashan - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

Kashan, l’élégance des maisons persanes

کاشان

Première grande oasis de la route entre Qom et Kerman : maisons qadjares aux stucs ciselés, jardin de Fin classé à l’UNESCO, bazar millénaire et collines néolithiques de Sialk — aux portes du Dasht-e Kavir.

  • 11hauts lieux incontournables
  • jardin de Fin, classé UNESCO
  • 7000ans d’histoire, de Sialk aux Qadjars
  • contenu vérifié sur le terrain

Maisons historiques — cour intérieure, iwan et bassin-miroir

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Pourquoi s’arrêter à Kashan

À mi-route de Téhéran à Ispahan, l’oasis oppose ses jardins clos à l’immensité du Dasht-e Kavir. On y dort dans des maisons qadjares, on y boit le thé dans un hammam, on y suit l’eau du jardin de Fin — et l’on y marche sur sept millénaires, de Tepe Sialk aux villes souterraines. De l’aube, quand s’illuminent les vitraux des orosi, à la lumière dorée du bazar au crépuscule, Kashan ne se visite pas : elle se ressent.

Maisons historiques Jardin persan UNESCO Bazar millénaire Art de vivre qadjar
La ville

Kashan, l’oasis des origines

Entre Téhéran et Ispahan, aux portes du Dasht-e Kavir, Kashan — کاشان, Kâshân — est la première des grandes oasis de la route de Qom à Kerman : la verdure close de ses jardins y répond, depuis des millénaires, à l’immensité des déserts.

Habitée depuis la fin du VIe millénaire avant notre ère, la cité garde en son nom la mémoire des premiers peuples du plateau : le « pays des Kâshi » pour la plupart des historiens, à moins que l’écho des Kassites du Zagros ne s’y mêle encore. Et c’est à Tepe Sialk, l’un des plus anciens établissements humains de l’Iran, que l’oasis doit ses premières heures.

Le nom, disent aussi les céramistes, viendrait de kashi, le carreau de faïence qui fit la renommée médiévale de la ville — développée sous les Abbassides, fortifiée au XIe siècle par Malik Chah Ier dont les murailles demeurent visibles au centre de la ville.

Kashan atteint son apogée avec les Séfévides : Chah Abbas Ier (1571-1629) l’enrichit de palais, de jardins et de bazars, et choisit d’y reposer. Le tremblement de terre de 1778, l’assassinat d’Amir Kabir au jardin de Fin en 1852 : l’histoire s’y lit encore à livre ouvert.

Aujourd’hui, l’élégante ville historique de la Perse marie ses cours intérieures qadjares, l’eau de rose de Ghamsar et ses tapis parmi les plus réputés du pays — un raffinement qui doit autant aux Seldjoukides qu’aux Safavides et aux Qadjares.

Pourtant, Kashan ne se lit pas seulement dans ses pierres : elle se vit par heures. À l’aube, quand les ruelles dorment encore, les cours silencieuses des maisons qadjares s’emplissent du chant des oiseaux tandis que les premiers rayons du soleil filtrent à travers les vitraux colorés des orosi — ces hautes fenêtres qui allument le sol de losanges rouge et or. Le soir, le bazar retrouve une lumière dorée où l’odeur du safran, des roses séchées et du cuivre martelé accompagne les derniers visiteurs jusqu’aux portes. C’est cela, Kashan.

Peu de villes iraniennes offrent un équilibre aussi parfait entre architecture, désert, jardins persans et traditions vivantes. Tapis noués, eau de rose distillée, caravansérails et tours à vent racontent ici la même histoire : celle d’une civilisation d’oasis qui a changé la rareté de l’eau et la rigueur du climat en une culture de la finesse. Pour qui veut comprendre l’art de vivre persan, Kashan en est probablement la meilleure porte d’entrée.

Patrimoine

Les sites incontournables

Onze visages de Kashan, des cours qadjares aux profondeurs de Nouchabad — comptez un à deux jours.

Hiérarchie de lecture

Pour un premier voyage, les 6 à ne pas manquer

Onze lieux sont recensés, mais une étape d’une ou deux nuits impose de choisir : ces six étapes concentrent l’élégance qadjare de Kashan — le reste est du bonus pour qui s’attarde.

  1. Jardin de Finle matin : bassins turquoise, cyprès et la mémoire d’Amir Kabir — le jardin persan classé UNESCO.
  2. Maison Tabatabaeimidi, quand la lumière traverse les vitraux : le chef-d’œuvre des stucs qadjars.
  3. Maison des Boroujerdià deux pas de la précédente : la coupole de verre et les badgirs les plus photographiés de la ville.
  4. Saray-e Amerihal’après-midi : la plus vaste des maisons historiques, ses terrasses et ses cours.
  5. Mosquée Agha Bozorgfin de journée : la cour-école sereine, symétrie parfaite sous les briques.
  6. Bazar de Kashanau crépuscule : allées millénaires, caravansérails et douceurs de l’oasis.

Et si le temps le permet : maison des Abbasi, hammam Amir Ahmad, grande mosquée Jameh, puis Tepe Sialk et la ville souterraine de Nouchabad pour une troisième journée.

Maison Tabatabaei

Maison Tabatabaei

Bâtie dans les années 1880 pour une grande famille de marchands de tapis : une quarantaine de pièces, quatre cours, et toute la vie d'une maison qadjare — réceptions publiques, intimité familiale, vitraux d'orosi.

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Maison des Boroujerdi

Maison des Boroujerdi

Dessinée par Ustad Ali Maryam et achevée en 1857 : un riche marchand l'offrit à son épouse, fille de la maison Tabatabaei, pour qu'elle ne quitte pas son quartier natal — d'où une demeure digne de sa belle-famille.

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Maison des Abbasi

Maison des Abbasi

Grande maison-musée de la fin du XVIIIe siècle, demeure d'un riche marchand de verre, aujourd'hui maison de thé et restaurant traditionnel.

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Maison des Ameri

Maison des Ameri

Saray-e Ameriha, la plus grande maison traditionnelle de Kashan : résidence du gouverneur sous la dynastie Zand, devenue musée et hôtel.

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Jardin de Fin

Jardin de Fin

Le jardin persan par excellence, classé à l'UNESCO et abreuvé depuis des siècles par la même source — celui aussi où le grand vizir Amir Kabir fut assassiné dans son bain, un matin de janvier 1852.

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Hammam Amir Ahmad

Hammam Amir Ahmad

Hammam safavide du XVIe siècle reconstruit sous les Qadjars : 1 000 m2 de salles voûtées, aujourd'hui musée ethnographique.

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Bazar de Kashan

Bazar de Kashan

Bazar d'origine seldjoukide restauré sous les Safavides : timtcheh, caravansérails et échoppes centenaires sous les voûtes — au crépuscule, la lumière dorée, l'odeur du safran et du cuivre martelé.

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Mosquée Agha Bozorg

Mosquée Agha Bozorg

Mosquée-médersa de la fin du XVIIIe siècle, chef-d'œuvre de symétrie bâti par le maître mi'mar Ustad Haj Sa'ban-ali.

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Grande mosquée Jameh

Grande mosquée Jameh

La plus ancienne construction de la ville, au minaret de brique orné d'une épigraphe coufique en relief.

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Tepe Sialk

Tepe Sialk

Site néolithique occupé dès le VIIe millénaire avant notre ère : l'un des plus anciens établissements humains du plateau iranien.

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Nouchabad, ville souterraine

Nouchabad, ville souterraine

La cité souterraine d'Ouyi, à 5 km au nord de Kashan : un labyrinthe creusé sur plusieurs niveaux, refuge des premières heures.

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L’expérience vécue

Cinq moments à vivre, pas seulement à voir

Kashan est une oasis habitée, au bord du Dasht-e Kavir. Les maisons historiques, les bains et le bazar s’y visitent au rythme de la journée, entre la fraîcheur du matin et la lumière du soir. Ce sont ces moments-là, plus encore que les monuments, dont on se souvient.

01

Dormir dans une maison historique

Plafonds qadjars, cour intérieure à la nuit tombée : plusieurs demeures de l’oasis ouvrent leurs chambres aux voyageurs. À l’aube, quand les vitraux d’orosi s’illuminent et que les oiseaux reprennent possession des cours, l’art de vivre persan cesse d’être un mot.

02

Le thé dans un hammam

Le hammam Amir Ahmad s’est fait maison de thé : voûtes, bassins et vapeur d’autrefois, un verre à la main.

03

Le bazar au crépuscule

Quand la chaleur retombe, les allées couvertes retrouvent leur lumière dorée : l’odeur du safran, des roses séchées et du cuivre martelé précède le visiteur, entre les échoppes de tapis et les confiseurs de l’oasis — et les souvenirs qui vont avec.

04

Suivre l’eau du jardin de Fin

Canaux turquoise sous les cyprès centenaires : le plus célèbre des jardins persans, classé à l’UNESCO — et le bain où le destin d’Amir Kabir bascula, que chaque guide de l’oasis raconte à sa façon.

05

Descendre à Nouchabad

Trois niveaux de galeries sous la ville : la cité souterraine creusée pour échapper aux raids — un labyrinthe frais et silencieux.

Le sens profond

Kashan, une civilisation d’oasis

Qanats, caravanes, maisons qui respirent, ateliers de tapis et de faïence : Kashan n’est pas seulement une jolie ville — c’est une manière d’habiter le désert.

Ce qui frappe à Kashan, ce n’est pas tant la beauté des monuments que leur intelligence. Rien n’y est décoratif : chaque voûte, chaque file d’eau, chaque tour de vent répond à une question vitale — comment vivre bien là où l’été brûle et où l’eau se cache ? La réponse des Kashanais, affinée sur cinquante siècles, forme une civilisation complète.

L’eau domptée : les qanats

Sous la ville et ses jardins courent des galeries creusées depuis l’Antiquité : les qanats, tunnels inclinés qui captent la nappe au pied des montagnes et mènent l’eau à la ville par la seule force de la gravité, sans pompe ni énergie. Le jardin de Fin doit sa luxuriance millénaire à la source Soleymaniyeh, ainsi conduite jusqu’à ses bassins. Dans une oasis, l’eau se partageait au compte-gouttes et à la clepsydre : chaque quartier, chaque jardin avait ses heures — une administration de l’eau qui a façonné la société tout autant que le paysage.

La fortune des caravanes

Étape sur la grande route reliant Téhéran à Ispahan et au Khorassan, Kashan a vécu du passage : soie, velours, tapis, cuivre, rose et sel du Kavir y transitaient, et ses marchands ont bâti les plus grandes fortunes de l’oasis. Au XVIIe siècle, ses ateliers tissaient des velours de soie prisés jusqu’aux cours d’Europe — dont les fameux « tapis polonais » brochés d’or et d’argent : un nom trompeur pour des soieries safavides, nées pour certaines dans les ateliers de Kashan, et que seul un collectionneur polonais du XIXe siècle a fixées ainsi dans les mémoires. Quand le tremblement de terre de 1778 eut rasé la ville, ce sont ces fortunes marchandes qui la rebâtirent : les maisons qadjares que l’on admire aujourd’hui sont littéralement construites sur les ruines — et avec les matériaux — de la ville safavide.

Des maisons qui respirent

Une maison de Kashan est une machine climatique autant qu’une demeure. Les badgirs, tours à vent coiffées de claires-voies, captent la moindre brise, quelle que soit son orientation, et la précipitent vers les bassins qui la rafraîchissent en la chargeant d’humidité ; l’air chaud, lui, s’échappe par la coupole. En sous-sol, le shawadan, étage d’été enterré de plusieurs mètres, garde une douceur constante ; l’hiver, on vit côté sud, dans les pièces basses que réchauffe le soleil. Murs épais de terre crue, orosi filtrant la lumière, cours ombragées d’orangers : rien de tout cela n’est un style — c’est une physique. Les glacières monumentales (yakhchal), qui gardaient la glace de l’hiver pour tout l’été, achevaient le dispositif : à Kashan, même le froid se fabriquait.

La ville des ateliers

On l’oublie parfois : le mot persan qui désigne le carreau de faïence, kashi, c’est le nom même de la ville. De Tepe Sialk — où l’on a retrouvé parmi les plus anciens fours de potiers du plateau — aux ateliers d’aujourd’hui, Kashan cuit l’argile depuis sept mille ans, sans interruption. Tapis de laine et de soie, velours, cuivre martelé, eau de rose : la ville a toujours produit rare, pour le luxe des cours et le négoce des routes. Cette continuité explique l’atmosphère singulière de l’oasis : ici, l’artisanat n’est pas une reconstitution folklorique, c’est une économie vivante, transmise de main en main depuis les potiers néolithiques.

C’est cette épaisseur que l’on sent en flânant : à Kashan, on ne visite pas des monuments posés côte à côte — on parcourt les strates d’une même civilisation, du tell de Sialk aux cours qadjares, en passant par le bazar et les dunes du Kavir qui commencent juste après les derniers jardins.

Saveurs & savoir-faire

L’artisanat & les spécialités

Kashan est aussi une ville d’ateliers et de tables. Voici ce que l’on y fabrique depuis longtemps et ce que l’on y goûte.

L’artisanat des ateliers

Le tapis de Kashan

Le tapis de Kashan

Parmi les plus fins d’Iran : laine ou soie, trame serrée, médaillons et motifs floraux. Les ateliers de la ville sont réputés depuis le XVIe siècle.

Le golab, eau de rose

Le golab, eau de rose

La région de Kashan est le cœur de la culture de la rose de Damas. L’eau de rose, distillée en mai, sert à la cuisine, au thé et aux pâtisseries.

Le cuivre & le laiton

Le cuivre & le laiton

Les chaudronniers du bazar travaillent le cuivre et le laiton : plateaux, tasses et théières que les voyageurs rapportent en souvenir.

Le textile & le coton

Le textile & le coton

Tissages en coton ou en soie, imprimés au bloc selon des motifs anciens : nappes, rideaux et étoffes pour la maison.

La céramique

La céramique

Ateliers de la ville et des villages voisins : bols, plats et briques émaillées qui perpétuent une tradition de faïence ancienne.

La marqueterie

La marqueterie

Plaques d’os, de bois coloré et de laiton assemblées en coffrets et plateaux, un savoir-faire commun à plusieurs villes de la région.

Spécialités à goûter

Khoresht Nokhod Allah

Khoresht Nokhod Allah

Ragoût aux pois chiches et au citron noir, souvent célébré comme le plat emblématique de la ville, servi avec du riz.

Chelo Dizi

Chelo Dizi

Ragoût mijoté servi dans son pot de pierre, écrasé puis accompagné de pain : un grand classique de la table iranienne.

Koofteh Somagh

Koofteh Somagh

Boulette de viande parfumée au sumac, à la tomate et aux herbes, une spécialité régionale appréciée des voyageurs.

Jujui Tas Kabab

Jujui Tas Kabab

Brochettes de poulet marinées, cuites traditionnellement sur le tas ; un plat savoureux des tables familiales.

Les douceurs à la rose

Les douceurs à la rose

Pâtisseries parfumées à l’eau de rose et nougats locaux, souvent servis avec le thé.

Le doogh local

Le doogh local

Boisson au yaourt et à la menthe qui accompagne les ragoûts et aide à digérer les plats riches.

Une tradition saisonnière

Le Golabgiri, le festival de l’eau de rose

De la mi-mai à la mi-juin, les villages de Ghamsar, de Niasar et de Barzok distillent la rose de Damas : un rituel qui fait de la région de Kashan la capitale de l’eau de rose.

Dès cinq heures du matin, quand la rosée tient encore les pétales, les champs embaument déjà toute la vallée. Les cueilleuses glissent entre les rangs, panier au bras, tant que le soleil n’a pas brûlé le parfum : la rose Mohammadi — la rose de Damas des botanistes, Rosa damascena — ne livre son essence qu’aux matines. Le Golabgiri, littéralement « fabrication de l’eau de rose », transforme ainsi chaque printemps, de la mi-mai à la mi-juin, les villages au sud et à l’ouest de Kashan — Ghamsar, Niasar, Barzok — en distilleries à ciel ouvert.

Une tradition millénaire, une économie familiale

La culture de la rose compte dans la région près d’un millénaire, et depuis le XVIe siècle Kashan est réputée pour ses distilleries : les ateliers de la ville expédiaient déjà leur golab jusqu’aux échoppes de Turquie et de Russie. Aujourd’hui encore, l’Iran fait partie des grands producteurs mondiaux — même si les classements varient selon que l’on mesure la fleur coupée, l’eau ou l’huile essentielle, un marché plutôt dominé par la Bulgarie et la Turquie : pour l’eau de rose de la rose Mohammadi, la vallée de Kashan reste la référence.

Ce qui fait la force du Golabgiri, ce n’est pas un programme officiel : c’est que la fête appartient d’abord à ceux qui la font. Bien des familles possèdent leur petite distillerie — le golab-paz-khaneh — et ses alambics de cuivre se transmettent avec les recettes. On lit parfois que le festival attirerait « deux millions de visiteurs » : le chiffre, repris sans source vérifiable, tient de la légende dorée. Ce qui est certain, c’est que pendant quelques semaines, toute la vie économique et familiale de la vallée s’organise autour de la rose.

Le déroulement d’une matinée

Le rythme est immuable. Récolte avant le lever du soleil — la chaleur lessive le parfum des fleurs ouvertes ; retour au village en début de matinée, paniers débordants ; puis la distillation, qui s’étire sur quatre heures et davantage, pendant que la vapeur parfumée flotte sur les toits et que les voisins viennent prendre des nouvelles. À Ghamsar, une grande distillerie municipale travaille pour tout le pays ; mais l’âme du Golabgiri est dans les cours privées, où l’on vous accueille souvent d’un signe de tête et d’un verre de thé. L’accès aux roseraies et aux distillations est généralement libre — et une polie demande vaut toujours mieux qu’une invitation supposée.

Le Golabgiri en pratique

  • Quand : de la mi-mai à la mi-juin, avec un pic autour de la dernière semaine de mai ; la saison se décale de quelques jours à Barzok, plus haut en altitude.
  • Où : Ghamsar (à une demi-heure au sud de Kashan), Niasar à l’ouest, et les villages de la route de Barzok.
  • À quelle heure : arrivez tôt, avant 8 h — la cueillette et les premières distillations se jouent le matin.
  • Que rapporter : du golab double distillation, du sirop de rose, des pétales séchés — en flacon bien bouché au fond des bagages.
  • Bonnes manières : roseraies et distilleries sont souvent des propriétés privées ; on demande avant d’entrer et avant de photographier.

La distillation, étape par étape

Dans le golab-paz-khaneh, la méthode n’a pas changé depuis des siècles :

  1. verser dans le grand alambic de cuivre — le deg — une charge d’environ 30 kg de pétales, la cueillette d’une matinée entière, et l’eau claire du puits ;
  2. chauffer le tout au feu de bois jusqu’à ce que la vapeur s’élève en sifflant doucement ;
  3. la conduire dans le serpentin refroidi où elle se condense, chargée d’essence ;
  4. recueillir l’eau de rose au fil du bec, la goûter, la mettre en flacons.

La distillation dure au moins quatre heures, que l’on passe autour du feu, entre deux thés — c’est aussi cela, le Golabgiri.

Une tradition discrète : le Gol-Ghaltan

Le Gol-Ghaltan — « le bain de roses » — est une cérémonie familiale où l’on baigne délicatement un nourrisson dans des pétales, pour lui souhaiter santé et protection. C’est une pratique intime, que le voyageur croise rarement sans y être invité ; elle n’a rien d’un spectacle, et c’est bien ce qui la touche.

Choisir son eau de rose

Toutes les eaux de rose ne se valent pas : la première distillation donne l’eau la plus parfumée, les suivantes sont plus légères. À Ghamsar, on distingue :

  • l’eau de rose de première qualité, la plus concentrée ;
  • l’eau de rose légère, pour la cuisine du quotidien ;
  • le Doatashe (double distillation), le cadeau que s’échangent les familles iraniennes ;
  • le Sehatashe (triple distillation), réservé aux grandes occasions.

Le Golabgiri n’est pas une fête montée pour les voyageurs : c’est la seule saison de l’année où l’économie, la famille et la mémoire d’une oasis se versent dans le même alambic. On en repart avec un flacon — et avec le souvenir d’une vapeur parfumée qui flotte sur ces villages depuis des siècles.

La table & les adresses

Où manger à Kashan

Une sélection de restaurants traditionnels, choisie pour l’authenticité du cadre et la qualité des spécialités locales.

La table à Kashan : les grands classiques à goûter.

Les restaurants traditionnels

1. Abbasi

Le plus célèbre

Pourquoi y aller : installé dans la maison Abbásian, un cadre historique recherché. Les plats de chameau et le dizi y sont réputés.

À commander : dizi (ragoût en pot de pierre) et les spécialités locales de la maison.

2. Manouchehri House

Cadre soigné

Pourquoi y aller : le restaurant de la maison Manouchehri, avenue boutique-hôtel, marie architecture restaurée et cuisine soignée.

À commander : le ragoût Nokhod Aleh (pois chiches) et les plats persans classiques.

3. Mirrors Hall (Saraye Ameri)

Haut de gamme

Pourquoi y aller : une adresse élégante du quartier de la maison Ameri, appréciée pour son cadre. La réservation est conseillée.

À commander : kofte au sumac et dizi aux haricots blancs.

4. Mahinestan Raheb

Sous les voûtes

Pourquoi y aller : au sous-sol d’une maison hôtel restaurée, un cadre de pierre et de brique particulièrement frais en été.

À commander : tas kebab, gosht lobia et chelo dizi.

5. Morshedi House

Ambiance locale

Pourquoi y aller : café-restaurant de la maison Morshedi, plus simple et fréquenté par les habitants, une carte riche en plats régionaux.

À commander : plats mijotés en terre cuite et le beurre local .

6. Mozaffari

Maison de thé

Pourquoi y aller : un salon de thé dont la salle est climatiseée, idéal pour une pause entre deux visites.

À commander : thé et douceurs, ou un repas léger.

💡 Conseil pratique : beaucoup de ces maisons-restaurants se trouvent dans le quartier historique, à quelques minutes à pied des demeures Borujerdi et Tabâtabâi. Réservez le soir pour les adresses les plus demandées.

Carnet de voyage

L’itinéraire idéal — 2 jours à Kashan

Pasargades et votre voyagiste co-produisent un carnet de voyage personnalisé, construit autour de votre circuit — fiches encyclopédiques des sites visités, conseils pratiques contextualisés, carte illustrée de votre itinéraire.

Où dormir

Les hébergements de la ville

Kashan offre un parc contrasté. On y trouve des demeures historiques transformées en maisons d’hôtes de grand charme et quelques hôtels récents pour le confort, pour la plupart regroupés dans le quartier historique.

Méthode — l’hôtellerie iranienne affiche des classements par étoiles peu rigoureux, et l’Iran n’offre qu’un parc hôtelier relativement limité. Ces sélections d’hébergement comptent parmi les meilleurs établissements disponibles à chaque étape, dans un pays où le tourisme est encore balbutiant ; elles sont recoupées avec plusieurs sources spécialisées Iran et nos observations sur le terrain.

À savoir — à tout moment, les hôtels peuvent être réquisitionnés : un hébergement de catégorie similaire est alors proposé selon la meilleure alternative possible. Les réservations d’hôtels sont conditionnées par le paiement intégral des chambres dès la réservation du circuit.

★★★★★5 étoiles

Cour du hôtel Saraye Ameriha, la plus grande maison historique de Kashan.
La plus grande maison historique

Saraye Ameriha

Ancienne demeure de l’époque Zand, transformée en hôtel de grand charme, au cœur du quartier historique.

★★★★4 étoiles / maisons de charme

Cour de l’hôtel Mahinestan Raheb, demeure qadjare aux trois cours.
Demeure qadjare, trois cours

Mahinestan Raheb

Maison d’environ 200 ans, répartie sur trois cours, avec restaurant et salon de thé au sous-sol.

Galerie intérieure de la maison Morshedi, Kashan.
Maison d’environ 250 ans

Morshedi House

Maison traditionnelle restaurée, surtout connue pour son café-restaurant et son ambiance locale.

Salon voûté de la maison Manouchehri, boutique-hôtel à Kashan.
Boutique-hôtel

Manouchehri House

Demeure du XVIIe siècle près du bazar, récemment restaurée, avec parking et restaurant.

★★★3 étoiles / maisons traditionnelles

Portes à claire-voie de la maison Khademi, Kashan.
Maison historique

Khademi

Petite maison traditionnelle proche des demeures Borujerdi et Tabâtabâi, environnement calme.

Façade de l’hôtel Negarestan, Kashan.
Hôtel récent

Negarestan

Adresse plus moderne et fonctionnelle, pratique pour qui préfère le confort aux maisons historiques.

Une encyclopédie, pas une agence

Pasargades ne vend aucun voyage : nous éclairons vos choix et vous mettons en relation avec des partenaires de confiance, choisis pour leur sérieux et leur connaissance de l’Iran.

Préparez votre voyage à Kashan

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