Au bord des déserts, quand le soir ocre les murs de pisé et que les badgirs découpent le ciel, on comprend pourquoi l’UNESCO a classé d’un même geste la vieille ville de Yazd : nulle part ailleurs l’Iran n’a conclu avec le désert un accord aussi intime.
Le nom, déjà, dit le sacré : du vieux-perse yazata-, « digne d’adoration », Yazd (یزد, Yazd) signifie la « ville sainte » — et de fait, la cité est restée le grand foyer du zoroastrisme iranien, quinze siècles après la conquête islamique de la Perse.
Pour vivre sans climatisation, Yazd a inventé son architecture : maisons de pisé aux cours fraîches, badgirs qui aspirent le vent, qanats qui drainent l’eau des montagnes, yakhtchals qui gardent la glace tout l’été — un cas d’école pour les universités d’architecture du monde entier.
Autour de la place Amir Chakhmaq et du portail turquoise de la mosquée Jameh, les ruelles de Fahadan déroulent murs de terre, portes de bois cloutées et cours secrètes : on y marche comme dans un labyrinthe apprivoisé.
Et quand la nuit tombe sur les tours du silence, on boit le thé parmi les confiseurs de qottab : Yazd n’est pas une étape, c’est une respiration — la ville où l’Iran se souvient de ses dieux premiers.