Capitale de la province de l’Azerbaïdjan oriental, sur la rivière Talkheh (Aji-Chāi), près du lac d’Ourmia et des frontières de la République d’Azerbaïdjan et de l’Arménie : Tabriz est la grande porte du nord-ouest iranien.
Le nom fait rêver : l’étymologie populaire rattache Tabriz (تبریز, Tabrīz) à tab, « fièvre », et riz, « verser » — « celle qui fait couler la fièvre », comme si ses sources avaient guéri une reine malade. Les linguistes, eux, remontent plus haut : Tauris, Tarmakis, Tarui des sources antiques, formes grecques et arméniennes avant que les géographes arabes n’imposent Tabrīz.
La plaine est habitée depuis la Préhistoire, avec des traces de l’âge du Fer ; une tablette de Sargon II, à la fin du VIIIe siècle av. J.-C., cite le « château de Tauri et Tarmkis ». Les Grecs y immolèrent même, dans leurs légendes, Ménélas et Hélène par la main d’Iphigénie.
Ville de passage et de secousses : reconstruite de tremblement de terre en tremblement de terre, elle garde de ses ruines la moitié d’une Mosquée bleue et, sous les voûtes rebâties aux XVIIIe siècles, le plus grand bazar couvert du monde.
Résidence du prince héritier sous les Qadjars, conquise par les Russes en 1826 puis rendue au traité de Turkmanchaï (1828), Tabriz fut aussi le cœur de la révolution constitutionnelle : Sattar Khan, Bagher Khan et Séqat-ol-Eslam tinrent tête à la capitale, et la Khaneh Mashroutiyat garde leur mémoire.
La ville des poètes
Sur la rue Séghat-ol-Eslam, la tombe Alshôaraa — le mausolée des poètes — accueille Qatran Tabrizi, Asadi Toussi, Hamam Tabrizi, Falaki Shirvani et, parmi les contemporains, Shahriyār. Non loin dorment le poète Khadjandi et le miniaturiste Kamal od-Din, dans le quartier de Bilankouh.