Hamadan
depuis 2024
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De la capitale mède aux résidences royales
Hegmataneh — Ecbatane dans les sources grecques — occupe une place particulière dans l’histoire de l’Iran ancien. La ville est traditionnellement associée à la capitale du royaume mède, formé dans les Zagros au VIIe siècle avant notre ère.
Les récits antiques, notamment celui d’Hérodote, décrivent une cité royale puissante. Leur image spectaculaire ne se superpose pas toujours directement aux niveaux mis au jour, mais le site apporte des témoignages importants et rares sur la civilisation mède des VIIe et VIe siècles avant notre ère.
Après la conquête de la Médie par Cyrus, Ecbatane conserva son rang. Grâce à son altitude et à la fraîcheur de ses étés, elle servit de résidence, de capitale estivale ou de siège gouvernemental aux souverains achéménides, puis séleucides, parthes et sassanides. Son histoire ne s’arrête pas à l’Antiquité : l’occupation du lieu s’est poursuivie durant près de trois millénaires.
Lire une ville sous la ville
La basse colline de Hegmataneh s’étend sur plus de 30 hectares dans la partie nord-ouest du centre historique de Hamadan. Sa faible hauteur dissimule une stratification urbaine exceptionnelle.
Les fouilles ont révélé des murs de brique crue, des pièces alignées, des passages et des réseaux de circulation. Dans les secteurs les mieux dégagés, la régularité des espaces et des voies dessine un urbanisme planifié, particulièrement lisible pour les phases parthes. Les campagnes archéologiques ont également identifié des niveaux et des objets appartenant aux périodes mède, achéménide, sassanide et islamique.
La visite se fait en plein air, au bord des tranchées, ou sur des passerelles qui donnent une vue plongeante sur les constructions. Certains vestiges sont protégés par des auvents ; d’autres sont recouverts ou consolidés avec des mélanges traditionnels de terre et de paille, car la brique crue demeure très sensible à la pluie et au gel.
Hegmataneh ne se réduit pas à une capitale disparue : c’est un palimpseste urbain où chaque niveau prolonge la vie de la ville.Lecture du site
Des objets pour redonner forme à la cité
Installé sur le site, le musée de Hegmataneh complète les vestiges, souvent difficiles à interpréter sans leurs objets. Ses collections couvrent plusieurs périodes et replacent la colline dans l’histoire plus large de Hamadan.
On y rencontre des céramiques utilitaires ou décorées, des amphores, des éléments de pierre, des bases et fragments architecturaux, ainsi que des objets en métal, des monnaies et des pièces funéraires. Ces matériaux documentent les échanges, l’artisanat, l’habitat et les pratiques quotidiennes bien au-delà des seuls récits royaux.
La présentation peut varier au gré des recherches et des rotations de collections. Gardez au moins quarante-cinq minutes pour le musée : il permet de reconnaître ensuite, dans les tranchées, les techniques de construction et l’échelle des espaces.
La mémoire chrétienne de la colline
Le parcours de Hegmataneh comprend aussi des édifices liés aux communautés arméniennes de Hamadan, rappelant que cette colline est restée un quartier vivant bien après l’Antiquité.
Parmi les églises conservées figure Sainte-Marie, reconnaissable à sa façade de brique et à son clocher. Avec les autres bâtiments chrétiens du secteur, elle témoigne de la présence arménienne et de la diversité religieuse de la ville aux époques récentes.
Ces édifices ne se visitent pas toujours selon les mêmes modalités que les fouilles et le musée. Une cérémonie, une restauration ou l’absence de gardien peut limiter l’accès intérieur ; considérez donc leur ouverture comme un complément possible, et non comme une garantie comprise dans chaque visite.
Une inscription qui reconnaît trois millénaires d’histoire
Hegmataneh a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 2024 selon les critères culturels (ii) et (iii).
L’UNESCO souligne les échanges culturels dont le site porte la trace, la rareté des témoignages sur la civilisation mède et le rôle durable de Hegmataneh comme siège politique. Les vestiges parthes illustrent notamment des solutions urbaines et architecturales issues de la rencontre de populations, de traditions et de religions différentes.
L’inscription porte aussi l’attention sur l’intégrité des niveaux mède, achéménide, parthe et sassanide, ainsi que sur les méthodes de conservation des murs en terre. Pour le visiteur, cette reconnaissance invite à regarder autant les dispositifs de protection que les ruines elles-mêmes.
Organiser la visite du site, du musée et des églises
L’entrée principale se situe place Ekbatan, sur la basse colline de Hegmataneh, dans la partie nord-ouest du centre historique de Hamadan. Le bazar et le cœur ancien sont accessibles à pied.
Place Ekbatan, Hamadan
Site archéologique de Hegmataneh, au nord-ouest du centre historique. Les chauffeurs connaissent aussi les noms Ecbatana et Tappeh-ye Hegmataneh.
Autour de 08h00–18h00
Ouverture généralement quotidienne. Des sources récentes indiquent aussi 09h00–18h00 en saison douce et 09h00–17h00 en saison froide, avec parfois une extension estivale.
Entrée payante · 2 à 3 heures
Le billet couvre généralement la zone de fouilles et le musée. Le tarif n’est pas indiqué ici car il peut changer ; prévoyez un supplément de temps si les églises sont ouvertes.
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Trois étapes prolongent la découverte du centre historique de Hamadan.
Sources et crédits. Synthèse établie à partir de la fiche Pasargades, de la documentation officielle du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO et de sources patrimoniales iraniennes récentes pour les informations pratiques. Photographies archéologiques : galerie Pasargades. Musée : Abdolrahman Rafati / Tasnim News Agency, CC BY 4.0. Sainte-Marie : In fact, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.