vers le sud
par la route
Naqqarechi
Une plaine fertile au carrefour des Zagros
Située à une centaine de kilomètres au sud de Hamadan, Nahâvand bénéficie des eaux venues des montagnes et d’une position ancienne sur les routes reliant la Mésopotamie au plateau iranien.
La région est occupée depuis la préhistoire. Elle appartint ensuite à la Médie, connut une fondation ou refondation urbaine à l’époque achéménide, puis une présence séleucide attestée par des inscriptions et des vestiges. La célèbre bataille de 642, décisive dans la conquête arabe de l’Iran sassanide, a durablement inscrit son nom dans l’histoire.
Le paysage explique cette continuité : une plaine agricole encadrée de reliefs, des rivières et de puissantes sources karstiques. Pour le voyageur, Nahâvand offre ainsi un équilibre rare entre sites archéologiques, patrimoine qadjare et haltes naturelles.
Plus de 5 700 ans de mémoire archéologique
La colline antique de Tépé-Giân — Tepe Giyan — se trouve dans la vallée de Khava, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Nahâvand. Long d’environ 350 mètres et haut de près de 19 mètres, le tell constitue un repère majeur pour la préhistoire du Zagros central.
Ses niveaux les plus anciens remontent au milieu du Ve millénaire avant notre ère, soit bien au-delà de 5 700 ans. Les archéologues y ont distingué cinq grandes phases culturelles, de Giyan V à Giyan I : les niveaux profonds conservent des traces d’habitat, tandis que les niveaux supérieurs comprennent une importante nécropole.
Les fouilles de 1931–1932 furent dirigées par les archéologues français Georges Contenau et Roman Ghirshman, avec le soutien des Musées nationaux et de l’École du Louvre. Elles révélèrent des sépultures, des objets de bronze et surtout de remarquables poteries peintes, ornées de motifs géométriques et animaliers, qui contribuèrent à établir la première chronologie culturelle de l’ouest iranien.
Un bain qadjare devenu musée d’anthropologie
Au cœur de l’ancien quartier d’Aliabad, le hammam Haj Agha Torab — également appelé « hammam jumeau » — est l’un des plus beaux monuments urbains de Nahâvand.
Construit au XIXe siècle sous le règne de Nasser al-Din Shah Qajar, il adopte un vocabulaire qui prolonge les traditions architecturales safavides. Ses deux ensembles de bains, de dimensions différentes, séparaient les usages et les publics. Le parcours mène du vestiaire et du bain froid vers les espaces tièdes et chauds, au moyen de vestibules destinés à conserver température et humidité.
Voûtes, coupoles percées de lucarnes, bassins de pierre, stucs, fresques murales et faïences organisent l’espace. Certaines scènes peintes ou composées en carreaux renvoient au Shahnameh, notamment aux combats de Rostam. Transformé en musée d’anthropologie, le hammam présente aujourd’hui les gestes du bain, les vêtements locaux et des coutumes telles que la cérémonie féminine du henné.
Une source au milieu des arbres centenaires
À proximité de Giyan et à environ 20 à 25 kilomètres de Nahâvand, Sarab-e Giyan est l’une des haltes naturelles les plus appréciées de la région.
L’eau jaillit au pied des reliefs et traverse une zone boisée associée aux paysages du Zagros. Ruisseaux clairs, ombre dense et arbres parfois centenaires créent un contraste saisissant avec les plateaux plus secs des environs. Au printemps, le débit et la végétation sont généralement les plus spectaculaires.
Le site est très fréquenté par les familles locales, particulièrement les fins de semaine et pendant les vacances. Venez tôt pour profiter du calme, respectez les zones protégées et repartez avec vos déchets. L’eau peut sembler cristalline, mais sa potabilité ne doit pas être supposée sans indication locale.
Un tumulus funéraire de tradition hellénistique
Au sud-est de Nahâvand, au milieu des vergers et des terres agricoles, Tepe Naqqarechi se présente comme une colline circulaire artificielle d’environ huit mètres de haut.
Les recherches récentes y ont reconnu une architecture funéraire de type tumulus : un espace sépulcral conçu pour une seule inhumation, associé à un couloir d’accès ou dromos, puis recouvert d’une masse de terre. La comparaison avec des monuments hellénistiques conduit les archéologues à proposer une datation séleucide.
L’identité du défunt reste inconnue. L’hypothèse d’un haut commandant militaire grec, d’un guerrier de rang élevé ou d’un satrape régional repose sur le caractère monumental et individuel de la tombe ; elle ne constitue pas une identification certaine. Des récits qadjars indiquent en outre que le tumulus avait déjà été fouillé ou pillé, expliquant l’absence de mobilier et de restes humains.
Une journée entre ville, sites archéologiques et forêt
Depuis Hamadan, comptez environ 1h30 de route vers le sud. Une voiture avec chauffeur ou un taxi réservé pour la journée facilite nettement l’enchaînement des sites dispersés autour de Nahâvand.
Nahâvand et le hammam
Commencez par le musée Haj Agha Torab dès son ouverture, puis découvrez le centre ancien. Vérifiez la veille les horaires du musée, variables selon les saisons et jours fériés.
Tepe Giyan et Naqqarechi
Prévoyez un guide local si l’archéologie est votre priorité. L’accès aux zones de fouille peut être limité et Naqqarechi ne dispose pas toujours d’aménagements de visite.
Sarab-e Giyan
Terminez sous les arbres, lorsque la lumière descend sur les reliefs. Emportez eau, chaussures stables et de quoi reprendre tous vos déchets.
Poursuivre dans la province
Trois sites replacent Nahâvand dans la longue histoire des Zagros et de Hamadan.
Sources et crédits. Synthèse établie à partir de la fiche et de la galerie Pasargades, de l’Encyclopaedia Iranica, de publications archéologiques sur Tepe Giyan et Naqqarechi, et de sources patrimoniales iraniennes consacrées au hammam et à Sarab-e Giyan. Photographies principales : galerie Pasargades. Poteries de Giyan : Sailko (CC BY-SA 3.0) et Daderot (CC0). Source de Giyan : Mosense (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons.