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Nush-i Djân - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Nush-i Djân

Nush-i Djân — sanctuaire mède près de Malayer | Pasargades
Province de Hamadan · Iran

Nush-i Djân, la citadelle des Mèdes

Sur une butte rocheuse dominant la plaine de Malayer, des murs de brique crue presque intacts racontent l’une des architectures les plus anciennes et les mieux conservées de l’Iran mède.

Depuis Hamadan
Environ 60 km
vers le sud
Trajet indicatif
50 min à 1h
par la route
Horaires indicatifs
Tous les jours
08:00–20:00
Durée sur place
45 à 60 min
01 · Le site mède

Une forteresse de terre au-dessus de la plaine

Tepe Nush-i Jan — également transcrit Nush-e Jan ou Noushijan — compte parmi les sites archéologiques les plus importants de la province de Hamadan. Ses édifices furent élevés sur le sommet d’une colline rocheuse, environ 37 mètres au-dessus de la plaine de Malayer.

L’occupation monumentale commence dans la seconde moitié du VIIIe siècle avant notre ère, au moment où les communautés mèdes s’affirment dans l’ouest du plateau iranien. Elle se prolonge jusqu’au début du VIe siècle, peu avant ou autour de l’essor de l’empire achéménide. Le complexe associe un fort, un édifice occidental, une grande salle à colonnes et un sanctuaire central. Des occupations plus tardives ont laissé des traces sur la colline, mais c’est cette phase mède qui donne au lieu son caractère exceptionnel.

Repéré en 1965 par l’équipe de l’archéologue britannique David Stronach, le site fit l’objet de cinq campagnes de fouilles entre 1967 et 1977. Ces recherches ont livré un plan architectural rarement lisible pour cette période, ainsi qu’un dépôt de 231 objets d’argent découvert sous le sol d’une pièce : lingots, fragments et parures témoignent des pratiques économiques et artisanales du temps.

Vue rapprochée des constructions de Nush-i Jan sur la colline
Sur le plateau sommital, les volumes de brique crue forment un ensemble défensif, cérémoniel et résidentiel.
02 · Une conservation exceptionnelle

Des murs hauts de près de huit mètres

La première surprise de Nush-i Jan tient à l’élévation de ses murs de brique crue : certains approchent huit mètres, une hauteur rarissime pour une architecture vieille de plus de 2 500 ans.

La technique n’est pas rudimentaire. Les maçons combinaient briques moulées, puissants massifs de terre, contreforts et passages voûtés. Ils savaient ménager des niches, des fenêtres aveugles et des couloirs étroits dans des parois épaisses. Les toitures modernes visibles aujourd’hui ne font pas partie de l’architecture antique : elles protègent les vestiges vulnérables à la pluie, au gel et aux variations thermiques.

Cette préservation remarquable doit aussi beaucoup à une décision prise dans l’Antiquité. Plusieurs espaces, notamment le sanctuaire central, furent volontairement comblés ou scellés par de la terre et des pierres. Ce remplissage semble avoir précédé l’abandon et peut avoir servi à protéger, condamner ou désacraliser les lieux. Il ne faut toutefois pas imaginer que toute la citadelle fut ensevelie d’un seul geste : les archéologues observent des traitements différents selon les bâtiments.

Contreforts verticaux d’un mur de Nush-i Jan
Les contreforts rythment de puissantes façades de brique crue.
Passage et murs intérieurs conservés à Nush-i Jan
Passages étroits, niches et parois épaisses révèlent une architecture soigneusement conçue.
03 · Le sanctuaire central

Un autel du feu, mais quelle religion ?

Au cœur du complexe, un édifice en forme de croix abritait une petite chambre rituelle. Un autel de brique à degrés s’y élevait, portant des traces interprétées comme celles d’un feu entretenu.

Le parcours resserré, les hauts murs et la position centrale de l’autel donnent à l’espace une forte dimension cérémonielle. Cette découverte est capitale pour comprendre les pratiques religieuses de l’Iran occidental avant les Achéménides. Elle confirme l’importance rituelle du feu, sans pour autant résoudre l’identité exacte du culte célébré ici.

Le monument est souvent présenté comme un « temple du feu zoroastrien ». La formule est commode, mais trop affirmative. Nush-i Jan appartient à une époque pour laquelle les formes institutionnelles du zoroastrisme restent difficiles à documenter. Le rapprochement avec les traditions iraniennes du feu est pertinent ; le nom de la divinité, le statut des officiants et le lien direct avec le zoroastrisme historique demeurent discutés.

04 · La salle à colonnes

Un « apadana » avant Persépolis

À l’ouest du sanctuaire se trouvait une salle hypostyle rectangulaire d’environ 20 × 16 mètres. Douze colonnes, disposées en trois rangées de quatre, soutenaient une couverture aujourd’hui disparue.

Les fouilleurs l’ont conventionnellement appelée « apadana ». Le mot invite à la comparer aux grandes salles d’audience à colonnes de Pasargades, Suse et Persépolis, construites plus tard par les souverains achéménides. Nush-i Jan montre en effet que le principe d’un vaste espace couvert, structuré par des supports réguliers, existait déjà dans l’architecture mède.

La comparaison est féconde, mais elle n’établit ni une fonction identique ni une filiation simple. La salle de Nush-i Jan est plus petite, ses colonnes étaient réalisées avec d’autres matériaux et son usage précis reste inconnu : réception, rassemblement ou cérémonie sont autant de possibilités. Elle constitue surtout un antécédent essentiel pour étudier la formation de l’architecture palatiale iranienne.

Vue d’ensemble des murs protégés de la salle à colonnes de Nush-i Jan
Les couvertures contemporaines protègent les élévations antiques ; la salle à douze colonnes est l’un des jalons majeurs entre architecture mède et expériences achéménides.
05 · Le tunnel inachevé

Un passage en L taillé dans le rocher

Dans la partie orientale du fort, un escalier et une tranchée en L s’enfoncent dans le socle rocheux. Le travail s’interrompt avant d’aboutir : aucun débouché ancien clairement identifié ne permet d’en connaître la destination.

Ce caractère inachevé a nourri de nombreuses interprétations. On a proposé un passage militaire, une voie d’évasion discrète, un accès à une réserve d’eau, un espace de stockage ou même un chantier lié à une phase d’agrandissement. Aucune de ces hypothèses n’est aujourd’hui démontrée.

Le tunnel vaut donc moins comme « secret résolu » que comme document sur un projet abandonné. Ses marches irrégulières et son tracé révèlent l’effort entrepris pour entailler la roche, tandis que son silence rappelle les limites de l’enquête archéologique.

06 · Préparer la visite

Depuis Hamadan, Malayer ou Nahâvand

Depuis Hamadan, suivez vers le sud l’axe routier Hamadan–Malayer–Nahâvand. Tepe Nush-i Jan se situe à environ 60 kilomètres de la capitale provinciale, au nord-ouest de Malayer ; selon le trafic et le point de départ, comptez environ 50 minutes à une heure de voiture.

Les distances annoncées depuis Malayer varient sensiblement selon les sources et l’itinéraire retenu, généralement entre une douzaine et une vingtaine de kilomètres. Utilisez le nom persan « نوشیجان » dans l’application de navigation et faites confirmer la bifurcation par votre chauffeur. Taxi réservé, voiture avec chauffeur ou véhicule personnel restent les solutions les plus pratiques.

Ouverture

08:00–20:00, à confirmer

L’horaire quotidien de 08:00 à 20:00 est indicatif. La billetterie peut fermer plus tôt, surtout en hiver, pendant les fêtes ou lors de travaux : vérifiez localement avant le départ.

Sur place

45 à 60 minutes

Prévoyez de l’eau, une protection solaire et des chaussures adhérentes. Le vent peut être sensible sur la colline et les zones d’ombre sont limitées hors des couvertures de protection.

Meilleur moment

Matin ou fin de journée

Une lumière basse souligne les volumes de terre et ouvre les vues sur la plaine. Le matin est préférable si vous poursuivez ensuite vers Nahâvand et Giyan.

Poursuivre dans la province

Trois étapes replacent Nush-i Jan dans l’histoire longue de Hamadan et des Zagros.

Sources et crédits. Synthèse établie à partir de la fiche et de la galerie Pasargades, des publications de la mission de David Stronach, de Livius et de notices patrimoniales iraniennes. Photographie principale « Abdoli » : Shinse110, domaine public, via Wikimedia Commons. Vues architecturales complémentaires : Somiaeh Gazari, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; images redimensionnées et converties au format WebP. Les horaires sont indicatifs et doivent être vérifiés localement.

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