Hamadan
à confirmer
Le « prince des savants » à Hamadan
Abu Ali al-Husayn Ibn Sina, connu en Occident sous le nom d’Avicenne, naît en 980 près de Boukhara et meurt à Hamadan en 1037. Médecin, philosophe et scientifique persan, il incarne l’une des grandes figures intellectuelles de l’âge d’or islamique.
Son Canon de la médecine — le Qanun fi al-tibb — organise et discute le savoir médical de son temps. Traduit en latin, il devient pendant plusieurs siècles un texte majeur de l’enseignement médical en Europe. Son œuvre philosophique, notamment le Livre de la guérison, aborde aussi la logique, la métaphysique, les sciences naturelles, les mathématiques et l’astronomie.
Avicenne passa les dernières années de sa vie au service des souverains de la région. Hamadan, où il mourut et fut enterré, a fait de sa mémoire un signe d’identité urbaine : sa silhouette monumentale apparaît au cœur de la ville comme une célébration de la connaissance.
D’un tombeau ancien au mémorial de 1954
Avicenne fut inhumé auprès de son ami Abu Said Dakhdouk. Un premier édifice commémoratif occupa les lieux avant que l’Association des monuments nationaux d’Iran ne décide, à l’approche du millénaire du savant, de créer un ensemble à la hauteur de son rayonnement.
Le projet fut confié au jeune Hooshang Seyhoun à la suite d’un concours. Les travaux du nouvel ensemble commencèrent à la fin des années 1940, remplaçant l’ancien bâtiment, et les dépouilles furent replacées sous de nouvelles dalles funéraires.
Le complexe fut officiellement inauguré le 29 avril 1954. La grande avenue et la place prirent elles aussi le nom de Bu Ali Sina, faisant du mausolée non seulement un lieu de mémoire, mais le centre visuel d’un important rond-point de Hamadan.
Gonbad-e Qabus réinterprété en béton et granit
Seyhoun ne copie pas une forme ancienne : il en extrait la logique verticale pour composer une architecture résolument moderne. Le béton armé dessine une ossature élancée tandis que le granit donne au socle une présence minérale liée aux montagnes de Hamadan.
L’inspiration majeure est la tour funéraire du XIe siècle de Gonbad-e Qabus. Son volume fermé et cannelé devient ici une couronne ouverte : douze colonnes montent vers un couronnement conique et laissent circuler le ciel et la lumière.
Les colonnes s’élèvent sur environ 23 mètres et sont traditionnellement interprétées comme les douze sciences maîtrisées par Avicenne. La hauteur totale du monument, couronnement compris, est souvent donnée autour de 28 mètres. Le portique inférieur compte dix supports, associés aux dix siècles séparant la naissance du savant de la construction du mémorial.
La référence historique n’est pas reproduite : elle est simplifiée, ouverte et transformée en symbole moderne du savoir.Lecture de l’architecture
Un complexe consacré à l’œuvre d’Ibn Sina
Sous la tour, l’espace funéraire réunit la dalle d’Avicenne et celle d’Abu Said Dakhdouk. Les inscriptions de pierre et la lumière verticale donnent au lieu une sobriété qui contraste avec l’animation de la place.
Le musée présente des éléments liés à la vie intellectuelle et médicale d’Ibn Sina : éditions et reproductions de manuscrits, références au Canon de la médecine, herbiers ou présentations de plantes médicinales, ainsi que des objets historiques. Les collections peuvent aussi comprendre monnaies, céramiques, bronzes et pièces archéologiques provenant de la région de Hamadan.
La bibliothèque conserve une importante collection de livres persans et étrangers consacrés à la philosophie, à la médecine et aux sciences. Une attention particulière est accordée aux œuvres d’Avicenne et aux auteurs de Hamadan ; l’accès aux fonds de recherche peut toutefois différer de la simple visite touristique.
Dans la cour se trouve également le tombeau d’Abul-Qasem Aref Qazvini (1882–1934), poète, musicien et figure du nationalisme iranien. Sa présence élargit le mémorial : le site célèbre à la fois le savant médiéval et une voix majeure de la culture moderne.
Le père de l’architecture iranienne moderne
Hooshang Seyhoun (1920–2014) est l’un des architectes modernistes les plus influents d’Iran. Son approche consistait à unir les matériaux et les formes du XXe siècle à une lecture attentive des paysages, des monuments et des grandes figures de l’histoire persane.
Formé à l’Université de Téhéran puis à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Seyhoun enseigna ensuite à la Faculté des Beaux-Arts de Téhéran, dont il fut le doyen. Après la révolution de 1979, il quitta l’Iran et vécut en exil, notamment au Canada, jusqu’à sa mort en 2014. Portrait : VOA Persian, domaine public, via Wikimedia Commons.
À Hamadan, son œuvre la plus célèbre reste le Mausolée d’Avicenne. Achevé et inauguré en 1954, il illustre sa méthode : comprendre une personnalité, choisir une référence historique signifiante, puis la convertir en une géométrie moderne et lisible.
Adresse, horaires et tarif 2026
Le mausolée occupe le centre de la place Bu Ali Sina, un rond-point majeur de Hamadan. La tour s’observe librement depuis l’espace public ; un billet est nécessaire pour entrer dans le tombeau, le musée et les espaces ouverts à la visite.
Place Bu Ali Sina, Hamadan
En plein centre-ville, au milieu du rond-point Bu Ali. L’extérieur, les perspectives depuis la place et les abords publics sont accessibles gratuitement.
Tous les jours · 08h30–20h30
Il s’agit de l’amplitude générale fréquemment publiée. Des horaires saisonniers plus courts sont aussi signalés, notamment en automne et en hiver.
Environ 300 000 à 500 000 rials
Tarif indicatif, soit un ordre de grandeur proche de 1 USD selon le taux retenu. Le prix local et les conditions d’accès peuvent évoluer.
À voir à proximité
Trois étapes permettent de poursuivre la visite du centre et des grands monuments de Hamadan.
Sources et crédits. Synthèse établie à partir de la fiche et de la galerie Pasargades, de travaux consacrés à l’architecture iranienne moderne et de sources patrimoniales iraniennes récentes. Les horaires et tarifs doivent être confirmés auprès du site. Photographies principales : galerie Pasargades. Intérieur : Nick Taylor, CC BY 2.0. Gonbad-e Qabus : H.rabiiee, CC BY-SA 4.0. Portrait de Seyhoun : VOA Persian, domaine public, via Wikimedia Commons.