~ 1085 (478 H.)
Turan Shah Ier
101 × 91 m
n° 760 · 1967
La plus ancienne mosquée de Kerman
La Mosquée Malek (Masjed-e Malek, مسجد جامع ملک), également connue sous le nom de Mosquée de l’Imam (Masjed-e Imam Khomeyni), est un monument islamique majeur de Kerman. Sa construction s’étala de 1077 à 1096 (achevée vers 1085, soit 478 de l’hégire) sous le règne du sultan seldjoukide Malek Turan Shah Ier. Inscrite aux monuments nationaux d’Iran depuis le 7 octobre 1967 (n° 760), c’est la plus grande et la plus ancienne mosquée de la ville.
Autrefois, la mosquée était réputée pour sa fraîcheur grâce à un bassin à ablutions de quatre mètres de profondeur au centre de la cour, alimenté par un qanat historique, Mastoreh, aujourd’hui asséché.
Le canal de la princesse
Le système hydraulique de la mosquée est lié à la figure touchante de Mastoreh Khaton, fille du sultan Turan Shah Ier.
Un canal creusé pour la mosquée
Très pieuse, Mastoreh Khaton utilisa sa dot personnelle pour faire creuser un qanat dédié exclusivement à l’approvisionnement en eau de la mosquée et des habitants du quartier.
Un bassin de 4 mètres
Le Qanat-e Mastoreh traversait l’édifice et alimentait un bassin à ciel ouvert de quatre mètres de profondeur, où les fidèles faisaient leurs ablutions. Des escaliers permettaient d’y descendre de chaque côté dans la partie ouest.
Le qanat s’assèche
Le canal s’est asséché il y a moins d’un demi-siècle. Le bassin fut ensuite comblé et recouvert d’un dallage de pierre — la cour est aujourd’hui pavée, et la fraîcheur du lieu ne réside plus que dans l’ombre des iwans.
Un musée à ciel ouvert de l’architecture persane
La mosquée aligne plusieurs shabestans édifiés ou restaurés à différentes époques, offrant une lecture de près de mille ans d’évolution du décor islamique persan.
Les salles de prière
Ajouts postérieurs
Des sections furent restaurées sous les Ilkhanides (XIIIe siècle) puis sous les Muzaffarides (XIVe siècle). On y trouve de magnifiques inscriptions en écriture coufique et des stucs floraux complexes très différents de la rigueur seldjoukide d’origine. Le portail nord est décoré de muqarnas (stalactites), d’un médaillon en relief (toranj) et de motifs géométriques en stuc de type gereh ; son couloir d’entrée présente un appareillage de briques de style ma‘qel.
Le secret bouyide
Découvert lors de récentes restaurations, un mihrab en stuc sur le toit remonte à l’époque bouyide — preuve que la mosquée seldjoukide a été édifiée sur les vestiges d’un sanctuaire plus ancien.
Porche de la qibla
Le grand iwan ouest est le plus vaste et le plus spectaculaire : il doit sa célébrité à ses motifs géométriques en terracotta et à ses bandes d’inscriptions coufiques imbriquées dans la brique.
Briques creuses
Les voûtes des shabestans emploient des briques creuses qui forment un système d’amplification naturel de la voix, faisant résonner les prières sans effort.
Au sud du Grand Bazar
La mosquée se situe aujourd’hui sur l’avenue Imam Khomeiny, dans la partie méridionale du secteur historique du bazar de Kerman. Son insertion urbaine est stratégique.
Ne pas confondre avec la Grande Mosquée
À Kerman, la confusion est fréquente : deux mosquées majeures sont très proches l’une de l’autre. La Mosquée Malek (appelée aussi historiquement Mosquée Jameh Malek ou Mosquée de l’Imam) n’est pas celle qui porte aujourd’hui officiellement le titre de Masjed-e Jameh (Grande Mosquée).
| Caractéristique | Mosquée Malek (Mosquée de l’Imam) | Grande Mosquée (Masjed-e Jameh) |
|---|---|---|
| Époque | Seldjoukide — fin du XIe siècle (~1085). La plus ancienne de la ville.Briques ocres, reliefs de terracotta | Muzaffaride — milieu du XIVe siècle (~1349).Faïences bleues intenses, mosaïques vertes et blanches |
| Esthétique | L’art de la brique nue : sobriété, reliefs géométriques de terracotta et stuc brut. | L’art de la faïence émaillée : mosaïques bleues, vertes et blanches typiques de l’art persan tardif. |
| Minaret | Une tour de briques seldjoukide, aujourd’hui tronquée (6 m de base conservés). | Aucun minaret — l’une des rares grandes mosquées d’Iran sans minaret ; une haute tour horloge orne le portail. |
| Particularité | Le qanat Mastoreh, les portes basses d’humilité, trois mihrabs bouyides antérieurs à la mosquée. | Portail monumental et mihrab intact en mosaïques fines rescapé des tirs d’artillerie. |
| Emplacement | Bordure sud du vieux bazar. | Flanc est du bazar, donnant sur la place Shohada. |
Le mot Jameh signifie « Mosquée du Vendredi » en arabe et en persan — c’est le titre de la mosquée principale où se tient la grande prière du vendredi. Si Malek a joué ce rôle au XIe siècle sous les Seldjoukides, c’est aujourd’hui la mosquée bleue du XIVe siècle (Masjed-e Jameh) qui le détient officiellement. Si vous demandez votre chemin en disant « Masjed-e Jameh », les habitants vous orienteront vers la mosquée bleue ; pour Malek, précisez « Masjed-e Malek » ou « Masjed-e Imam ».
Poursuivre à Kerman
De la Mosquée Malek, le bazar vous conduit naturellement vers les autres monuments du cœur de Kerman.
Sources et réserves. Page établie d’après le texte fourni sur la Mosquée Malek (Kerman). Précisions : les dimensions (9 191 m², 101 × 91 m), les dates (1077–1096, achevée vers 1085 / 478 H.), la hauteur conservée de la tour seldjoukide (6 m), la profondeur du bassin (4 m), le numéro d’inscription aux monuments nationaux (n° 760, 7 octobre 1967) sont repris des sources transmises ; les dénominations persanes (Masjed-e Malek, Masjed-e Imam Khomeyni, Masjed-e Jameh, iwans, shabestan, mihrab, muqarnas, gereh, ma‘qel, toranj, qanat Mastoreh, Turan Shah, Mastoreh Khaton, Bouyides, Ilkhanides, Muzaffarides) sont transcrites conformément aux sources. La distinction avec la Grande Mosquée (Masjed-e Jameh, ~1349, faïences bleues) est explicitée pour éviter la confusion fréquente. Photographies : vues de la cour (jour/nuit), des coupoles et des voûtes intérieures, converties au format WebP et embarquées directement dans la page (data URI). Aucun appel externe ; seuls les liens du sommaire Kerman et des suggestions de fin renvoient aux autres pages du guide Pasargades.