de Kerman
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Trois sites, une même oasis
Située à seulement 35 kilomètres au sud-est de la ville de Kerman, l’oasis de Mahan constitue l’un des arrêts les plus spectaculaires de la province. Voici ses incontournables absolus.
Le jardin de Shahzadeh (Bagh-e Shahzadeh)
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce chef-d’œuvre architectural du XIXe siècle est souvent surnommé « le joyau vert du désert ». Grâce à un ingénieux système de qanats, l’eau de la montagne s’écoule en cascades le long de fontaines et de pavillons symétriques, offrant un contraste saisissant au milieu de nulle part. Un salon de thé et un restaurant y sont installés pour prolonger l’expérience.
Le mausolée de Shah Nematollah Vali
Ce vaste complexe spirituel est dédié au célèbre poète et maître soufi. Son dôme turquoise et ses hauts minarets ciselés s’élèvent au cœur de cours intérieures arborées, dégageant une atmosphère de sérénité absolue. C’est un lieu de pèlerinage encore très vivant, où les fidèles viennent se recueillir.
Le palais Shotorgalu
Moins fréquenté mais remarquable, ce manoir de l’époque qadjare se distingue par son architecture typique, conçue pour faire circuler l’eau et rafraîchir l’air ambiant de manière naturelle. Une halte brève qui éclaire le savoir-faire résidentiel face au climat désertique.
Combien de temps prévoir ?
En moyenne, une visite complète du village de Mahan et de ses deux joyaux principaux dure entre 3 et 4 heures. Si vous intégrez Mahan dans une excursion à la journée depuis Kerman — l’option la plus courante —, l’idéal est d’y consacrer une demi-journée.
Le jardin de Shahzadeh est le site qui demande le plus de temps : on remonte les terrasses le long des fontaines jusqu’au pavillon principal. Le conseil le plus souvent donné est de s’installer au salon de thé ou au restaurant du jardin, pour savourer l’atmosphère unique de cette oasis. Le mausolée se visite à un rythme paisible, propice à la contemplation, entre les différentes cours intérieures, le dôme turquoise et les espaces spirituels. Le palais Shotorgalu, enfin, demande une visite rapide mais fascinante, pour comprendre le génie de l’architecture résidentielle qadjare face au climat désertique.
L’eau, les vergers et la vie rurale
Mahan n’est pas seulement un lieu touristique : c’est une véritable oasis agricole. Grâce à la fraîcheur de son climat — due à l’altitude et à la proximité des monts Jupar —, le village est réputé pour ses vergers.
On y produit d’excellents fruits, des grenades et des noix. Se promener dans les ruelles en pisé du vieux village, à l’ombre des arbres et au son de l’eau qui s’écoule, offre un aperçu authentique de la vie rurale de la province de Kerman. C’est sans doute le meilleur complément à la visite des monuments : à Mahan, le paysage cultivé fait partie du patrimoine.
Un miracle vert sans une seule pompe
Le miracle vert de Mahan repose entièrement sur les qanats, ce système ancestral d’irrigation souterrain lui aussi reconnu par l’UNESCO.
Le jardin de Shahzadeh, par exemple, utilise l’eau provenant directement de la fonte des neiges des montagnes du Tigran. Le détail le plus fascinant est ailleurs : les cascades du jardin fonctionnent uniquement par gravité, sans aucune pompe électrique, grâce à la pente naturelle du terrain. C’est le même principe que dans les grands jardins persans de Yazd ou de Kashan : capter l’eau en amont, la conduire sous terre pour éviter l’évaporation, puis la laisser descendre de terrasse en terrasse.
Shah Nematollah Vali et le chiffre 11
Mahan est un haut lieu du mysticisme persan, le soufisme. Le poète Shah Nematollah Vali, qui a donné son nom au mausolée, a fondé l’ordre de derviches Nematollahi.
Le maître a passé de nombreuses années à errer à travers l’Asie centrale pour perfectionner ses dons spirituels avant de s’installer à Mahan, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Kerman, où il a vécu les vingt-cinq dernières années de sa vie. Il meurt en 1431, laissant un ordre spirituel toujours actif aujourd’hui. Le caveau funéraire central en forme de dôme, achevé en 1437, a été érigé par Ahmad Shah Bahmani, l’un de ses disciples les plus dévoués ; le reste du complexe — minarets jumeaux gainés de tuiles turquoise du bas jusqu’à la coupole — a été bâti ou remanié sous Shah Abbas Ier, puis sous Mohammad Shah Qajar et Nasser-al-Din Shah.
Si vous observez attentivement les détails du mausolée, vous y verrez de nombreuses représentations du chiffre 11, qui possède une valeur symbolique et sacrée dans le soufisme — il désigne, dans le système numéral abjad, le nom divin Hu. Le site dégage une énergie spirituelle très particulière, particulièrement sensible lors des offices.
À goûter avant de repartir
Ne repartez pas de Mahan sans avoir testé les deux classiques de l’oasis — l’un glacé, l’autre brûlant.
Le faloodeh Kermani
Une variante locale du célèbre dessert persan, faite de fins vermicelles d’amidon glacés, parfumée à l’eau de rose et au sirop de menthe : parfaite pour se rafraîchir après une visite en plein soleil.
Le thé à la cardamome ou au safran
À déguster sur les lits traditionnels en bois (takhts) du salon de thé du jardin de Shahzadeh, face aux bassins et aux cyprès — l’une des haltes les plus agréables de la province.
Une journée, deux sites, une seule route
Combiner le village de Mahan et la citadelle de Rayen dans la même journée est le meilleur calcul d’itinéraire : les deux sites se trouvent sur le même axe routier au sud-est de Kerman, ce qui permet une boucle parfaite sans perte de temps. Comptez environ 110 km de route depuis Kerman, soit à peu près 1 h 30 de conduite cumulée.
Départ de Kerman
En direction du sud-est. La route traverse d’abord la plaine aride avant de buter sur les premiers contreforts des monts Jupar.
Étape 1 : la citadelle de Rayen
Commencez par Rayen : le site est entièrement à ciel ouvert, et le visiter le matin évite de marcher sous un soleil de plomb. Comptez 1 h 30 à 2 h pour explorer les ruelles, les anciennes maisons et grimper sur les remparts — avec, par temps clair, la vue sur les montagnes enneigées, dont le mont Hezar.
Pause déjeuner au jardin
Environ 45 kilomètres vers le nord pour rejoindre Mahan. Installez-vous au restaurant ou au salon de thé situé à l’intérieur du jardin de Shahzadeh : déjeuner au milieu de la verdure, bercé par le bruit des cascades, avec le désert tout autour, est un moment magique.
Étape 2 : le jardin de Shahzadeh
Après le repas, profitez des heures chaudes à l’ombre des grands arbres du jardin persan et explorez le pavillon principal, en remontant les terrasses le long des fontaines.
Étape 3 : le centre de Mahan
Rejoignez le centre du village — à 10 minutes du jardin — pour visiter le mausolée de Shah Nematollah Vali et ses paisibles cours turquoise. Si vous avez encore un peu de temps, passez voir le palais Shotorgalu.
Retour vers Kerman
Il ne reste plus que 35 kilomètres, environ 30 minutes de route, pour regagner votre hôtel à Kerman.
L’excursion organisée, avec guide
Mahan se rejoint facilement depuis Kerman : 35 kilomètres de route, une demi-heure environ. La plupart des voyageurs combinent le village avec la citadelle de Rayen dans la même journée — le plus souvent dans le cadre d’une excursion organisée depuis Kerman.
L’excursion organisée avec guide
Si vous souhaitez comprendre en profondeur l’histoire de la citadelle sassanide et l’ingénierie des qanats du jardin, faire appel à un guide francophone ou anglophone enrichit considérablement l’expérience. C’est aussi la formule qui règle d’un coup le transport, le rythme de la journée et l’ordre des étapes : on part de Kerman le matin, on garde Rayen pour les heures fraîches et l’on termine par le jardin de Shahzadeh et le mausolée, sans se soucier du stationnement ni des horaires.
Poursuivre à Kerman
Mahan s’inscrit dans la boucle classique du sud-est : après le jardin et le mausolée, la citadelle de Rayen puis les grands ensembles du centre historique de Kerman.
Sources et réserves. Synthèse établie à partir de la fiche et des galeries Pasargades consacrées au village de Mahan (mausolée de Shah Nematollah Vali : minarets jumeaux à tuiles turquoise, maître installé à trente kilomètres au sud-est de Kerman où il vécut ses vingt-cinq dernières années, mort en 1431, caveau en dôme achevé en 1437 par Ahmad Shah Bahmani, remaniements sous Shah Abbas Ier, Mohammad Shah Qajar et Nasser-al-Din Shah), de la carte illustrée « Kerman » du site pour les vues du jardin et de la citadelle de Rayen, et de sources documentaires sur le jardin de Shahzadeh (inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, alimentation par qanat, cascades fonctionnant par gravité), les qanats iraniens et la symbolique du chiffre 11 dans le soufisme. Précision : le maître soufi, né au début du XIVe siècle et mort en 1431, appartient donc à la charnière des XIVe et XVe siècles ; l’ordre qu’il a fondé est un ordre de derviches (Nematollahi). Les horaires du salon de thé et du restaurant du jardin, ainsi que les tarifs d’entrée, varient selon la saison : à vérifier sur place. Photographies et carte : galeries Pasargades, plus la carte du trajet dessinée dans le style des cartes du site ; images redimensionnées et converties au format WebP, embarquées directement dans la page.