Aller au contenu

Palais Hasht Behesht - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

Sauter le menu
Sauter le menu

Palais Hasht Behesht

Palais Hasht Behesht — les huit paradis d’Ispahan | Pasargades
Ispahan · le harem secret

Le Palais Hasht Behesht

Le lieu le plus secret, le plus voluptueux et le plus mystérieux d'Ispahan : un pavillon octogonal au cœur du jardin des Rossignols, où le chiffre 8 dessine un paradis terrestre.

Situation
Chahar Bagh e Abbasi St
parc Shahid Rajaee
Construction
1669
Chah Süleyman Iᵉ
Plan
Octogonal
4 portes, 8 appartements
Ouverture
9h00 – 16h30 (ou 17h00)
ouvert tous les jours
01 · Le monument

Le pavillon le plus secret d'Ispahan

Le Palais de Hasht Behesht (هشت‌بهشت — littéralement les « Huit Paradis ») n'est pas juste un pavillon de plus : c'était le lieu le plus secret, le plus voluptueux et le plus mystérieux d'Ispahan.

Construit en 1669 par le chah Süleyman Iᵉ, ce palais octogonal niché au cœur du jardin des Rossignols (Bagh-e Bolbol) était un harem privé conçu exclusivement pour les plaisirs intimes du roi et de ses huit concubines favorites. C'est l'un des deux seuls palais safavides à avoir survécu à Ispahan.

Le bâtiment et ses grandes salles d'angle sont tracés sur un plan octogonal — une faveur des Timourides, retrouvée au Taj Mahal. Quatre grandes portes ouvrent le palais — au sud, à l'ouest, au nord et à l'est — la porte du nord étant couronnée d'un iwan remarquable. Restauré dans les années 1970, la restauration a été achevée en 1977 par l'Institut italien pour le Moyen et l'Extrême-Orient : le projet a reçu trois ans plus tard le prix d'architecture de la Fondation Aga Khan.

Le Palais Hasht Behesht et son long bassin
Le palais au bout de son long bassin : le pavillon octogonal, gardien du jardin des Rossignols.
02 · L'énigme des « 8 Paradis »

Le chiffre 8 qui régit tout

Le chiffre 8 régit absolument toute la structure du palais, selon une géométrie sacrée islamique rigoureuse.

Le palais s'articule autour d'une salle centrale sur deux niveaux, divisée en 8 appartements privés distincts (4 au rez-de-chaussée, 4 à l'étage). Chacun possédait sa propre décoration, ses propres couleurs et sa propre orientation thermique — destinés aux 8 femmes préférées du souverain.

Dans la tradition islamique, le paradis est composé de 8 portes ou 8 niveaux. L'architecte a délibérément conçu le palais comme une réplication terrestre du paradis céleste, où le roi vivait entouré de ses « houris » — ses concubines.

8 appartements4 en bas, 4 en haut, chacun à ses couleurs
8 portes du paradisUne réplication terrestre du paradis céleste
8 femmesLe harem privé du chah Süleyman Iᵉ
Les niveaux et balcons du Palais Hasht Behesht
Les deux niveaux de l'octogone : huit appartements, huit orientations, huit climats intérieurs.
03 · Le grand scandale de la destruction qadjar

Un crime contre le patrimoine

Si le palais impressionne encore par sa forme, il a été le théâtre d'un véritable crime contre le patrimoine au XIXe siècle.

Le pillage de Zel-ol-Soltan. Le gouverneur qadjar d'Ispahan, le prince Zel-ol-Soltan, a transformé ce palais royal en résidence privée pour sa maîtresse. Jaloux de la splendeur safavide, il a ordonné d'arracher les milliers de diamants, d'or pur et de miroirs précieux incrustés dans les plafonds, pour les revendre ou décorer ses propres appartements à Téhéran.

La censure des fresques érotiques. Les murs étaient à l'origine recouverts de fresques miniatures d'une sensualité extrême, décrivant les plaisirs amoureux de la cour. Elles ont été grattées ou recouvertes de plâtre par puritanisme. Les fragments de mosaïques de faïence qui subsistent à l'extérieur — oiseaux et prédateurs — ne sont qu'un infime échantillon de sa gloire passée.

Diamants et orArrachés des plafonds pour les appartements de Téhéran
Fresques censuréesLes miniatures amoureuses grattées ou recouvertes de plâtre
Oiseaux et prédateursLes derniers fragments de la gloire passée
« Il ne reste que la forme : l'or, les diamants et les miniatures amoureuses ont été arrachés par la main puritaine des Qadjars. »La destruction qadjar de Hasht Behesht
04 · Un chef-d'œuvre de climatisation passive

La fraîcheur du désert, sans aucune machine

Vivre au milieu du désert iranien exigeait des prouesses architecturales pour maintenir la fraîcheur sans aucune technologie moderne.

La coupole à puits d'air. Le centre du palais est couronné d'une coupole percée d'un oculus. L'air chaud du palais montait et s'échappait par le toit, aspirant l'air frais des jardins extérieurs à travers les quatre immenses porches ouverts — les Iwans.

Le bassin de marbre suspendu. Au centre exact du palais, sous la coupole, se trouve un bassin en marbre sculpté. L'eau y circulait en permanence, refroidissant instantanément l'air ambiant par évaporation. Le sol était d'ailleurs conçu avec des canaux de marbre où l'eau ruisselait au pied des canapés royaux, pour rafraîchir les pieds du chah et de ses invités.

Les porches ouverts du Palais Hasht Behesht
Les quatre porches ouverts sur le jardin : l'air y entrait, la coupole l'aspirait, le bassin le refroidissait.
05 · L'ambiance d'initié

Le palais le plus poétique d'Ispahan

Contrairement au faste d'Ali Qâpu, Hasht Behesht se visite pour son calme : c'est le palais le plus poétique d'Ispahan.

Les locaux aiment s'installer dans le parc environnant en fin d'après-midi pour y jouer aux échecs ou lire de la poésie. Le parc — l'ancien jardin des Rossignols, aujourd'hui parc public Shahid Rajaee — est le salon de la ville, et le palais en est le bijou silencieux.

Pour intégrer parfaitement le palais à votre journée, l'astuce consiste à l'utiliser comme une halte de fraîcheur et de transition entre les monuments monumentaux de la place Naqsh-e Jahan et l'avenue historique de Chahar Bagh.

Le palais

30 à 45 minutes de visite

Plus petit que ses voisins, il se visite avec repos : la salle octogonale, les appartements, la terrasse.

Le parc

Gratuit, toute la journée

L'accès au parc public entourant le palais est totalement gratuit : la pause ombragée idéale au milieu de la journée.

La fin d'après-midi

Échecs et poésie

Les Isfahaniens s'installent à l'ombre : le meilleur moment pour voir la ville vivre, en dehors des circuits.

« Entrez dans le parc comme on entre dans une ombre : c'est la pause poétique de la journée, entre le faste de la place et l'avenue. »L'ambiance d'initié de Hasht Behesht
06 · Le parcours étape par étape

De Chehel Sotoun au faloodeh, à pied

Le timing idéal est en fin de matinée (11h15 – 12h30) : après le faste impressionnant du palais de Chehel Sotoun, vous commencez à ressentir la fatigue et la chaleur — l'oasis fait le reste.

Le parcours étape par étape

  1. 09h30 — Palais de Chehel Sotoun. Le faste des 40 colonnes, qui ouvre à 9h00 : après un bon moment de visite, fatigue et chaleur commencent à se faire sentir.
  2. 11h00 — Traversée du parc Shahid Rajaee. Cinq minutes de marche à travers les jardins : la coupure ombragée parfaite, l'« effet oasis ».
  3. 11h15 — Palais de Hasht Behesht. Une visite reposante : comptez 30 à 45 minutes maximum à l'intérieur.
  4. 12h30 — Avenue piétonne de Chahar Bagh. Sortie directe sur le boulevard, pile pour le déjeuner.

Logistique 100 % à pied. Aucun taxi ou VTC n'est nécessaire pour cette matinée : les deux palais safavides partagent historiquement les mêmes anciens jardins royaux. Après la visite de Hasht Behesht, sortez du parc par les portes Ouest : vous tombez directement sur l'avenue piétonne et arborée de Chahar Bagh Abbasi, le lieu idéal pour un café ou un restaurant traditionnel.

Infos d'accès de dernière minute. Comme pour la majorité des sites historiques en Iran, le ticket s'achète au guichet à l'entrée du monument. L'accès au parc public entourant le palais est, lui, totalement gratuit.

07 · La route gourmande

Shahrzad, faloodeh et passages rétro

Voici ce que les guides classiques oublient de mentionner pour optimiser cette journée : trois étapes à portée de palais.

Restaurant Shahrzad

Le déjeuner secret

Sur Abbas Abad St, perpendiculaire à Chahar Bagh, à 5 minutes du palais : une institution d'Ispahan depuis les années 1960, ses salles ornées de miroirs et de vitraux colorés traditionnels (Orosi). À commander : le Khoresht-e Mast — bœuf effiloché, yaourt, safran et sucre, servi froid — ou le mythique Tahchin, gâteau de riz safrané croustillant.

Le faloodeh de Chahar Bagh

La pause gourmande obligatoire

En marchant sur l'avenue, vous passez devant des échoppes de glaces traditionnelles : commandez un faloodeh — de fins vermicelles glacés d'amidon de blé, arrosés d'un sirop de sucre à l'eau de rose et de jus de citron vert frais. L'arme absolue des Iraniens contre la chaleur de l'après-midi.

Le passage secret par les cinémas

Les façades rétro

Chahar Bagh est le berceau du cinéma et du théâtre moderne en Iran depuis le début du XXe siècle : jetez un coup d'œil aux façades rétro des anciens cinémas (Cinema Iran, Cinema Palace). Certains passages couverts abritent des bouquinistes et de petits cafés cachés en arrière-cour — parfaits pour fuir la foule.

Trois saveurs pour une matinée : un repas sous les vitraux, un faloodeh à l'ombre, et un passage rétro qui sent l'Ispahan d'avant.

Poursuivre sur l'axe royal

Hasht Behesht est l'étape médiane entre la place et l'avenue : les palais voisins et Chahar Bagh complètent la journée.

Sources et crédits. Texte éditorial composé à partir de la fiche et des galeries Pasargades consacrées au Palais Hasht Behesht. Photographies issues du site Pasargades et converties au format WebP pour cette page autonome. Les horaires doivent être confirmés localement.

Retourner au contenu