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Urbanisme de la Perse et de l'Iran - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Urbanisme de la Perse et de l'Iran

Encyclopédie

Yakhtchal, glacière traditionnelle perse

Encyclopédie du voyage en Iran

Le yakhchāl : l'ingénierie du froid dans la Perse antique

Quand l'architecture, la physique et le génie perse permettaient de conserver la glace au cœur du désert

Bien avant l'apparition des systèmes de réfrigération mécanique, les ingénieurs de la Perse antique avaient développé une solution d'une efficacité remarquable pour produire, stocker et conserver de la glace au cœur de régions désertiques où les températures estivales dépassaient fréquemment 40 °C.

Cette structure, appelée yakhchāl (persan : یخچال), représente l'un des exemples les plus impressionnants d'architecture bioclimatique et de maîtrise des phénomènes naturels. Elle témoigne d'une compréhension avancée du climat, des matériaux et des principes physiques permettant de conserver le froid sans aucune source d'énergie artificielle.

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Le yakhchāl : l'ingénierie du froid dans la Perse antique

Les premiers yakhchāls apparaissent vraisemblablement au Ve siècle av. J.-C., sous l'Empire achéménide, même si certaines techniques de refroidissement passif pourraient être encore plus anciennes.

Leur principe repose sur une idée à la fois simple et ingénieuse : exploiter les conditions climatiques hivernales du plateau iranien ainsi que les lois naturelles de la thermodynamique afin de disposer de glace durant toute la saison chaude.

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Une étymologie directement liée à la fonction

L'origine du mot yakhchāl est particulièrement transparente en persan. Le terme یخ (yakh) signifie « glace » ; چال (chāl) désigne une fosse, une cavité ou un creux creusé dans le sol. Ainsi, یخچال (yakhchāl) signifie littéralement « fosse à glace » ou « puits à glace » — une appellation qui décrit précisément la fonction première de l'édifice.

Le radical chāl apparaît encore dans plusieurs mots du persan moderne : چاله (chāleh), un trou ou un nid-de-poule, ou چال گونه (chāl-e gune), la fossette de la joue. L'évolution du terme est particulièrement remarquable : en persan contemporain, یخچال ne désigne plus l'ancienne structure de stockage de glace, mais simplement le réfrigérateur domestique — le mot est resté identique alors que la technologie a changé, la fonction fondamentale (conserver le froid) demeurant la même.

Coupe architecturale d'un yakhtchal persan 03

Une architecture conçue pour vaincre la chaleur

Les yakhchāls se présentent sous la forme de vastes constructions en briques de terre crue, dominées par un imposant dôme conique pouvant atteindre 10 à 20 mètres de hauteur. Cependant, la partie visible ne représente qu'une fraction de l'ensemble : sous le dôme se trouve une profonde chambre souterraine destinée au stockage de la glace, où la température du sous-sol reste naturellement beaucoup plus stable que celle de l'air ambiant.

La conception architecturale répondait à plusieurs objectifs : réduire l'exposition directe au rayonnement solaire, limiter les échanges de chaleur avec l'air extérieur, favoriser une ventilation naturelle, et évacuer l'eau provenant de la fonte éventuelle de la glace. Chaque élément de la structure participait ainsi au maintien du froid — un exemple remarquable de conception passive, où l'architecture remplace les technologies énergétiques modernes.

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Le sarooj : un matériau aux propriétés exceptionnelles

L'efficacité des yakhchāls reposait en grande partie sur un matériau de construction particulièrement élaboré : le sarooj. Ce mortier traditionnel était composé d'un mélange de chaux, d'argile, de sable, de cendres, de fibres végétales, et parfois de blanc d'œuf ou de poils d'animaux.

Une fois durci, le sarooj possédait plusieurs qualités essentielles : une excellente isolation thermique, une très faible perméabilité à l'eau, une grande résistance mécanique, et une importante durabilité malgré les fortes variations de température. Ces propriétés réduisaient fortement les transferts de chaleur et protégeaient efficacement les réserves de glace stockées dans les chambres souterraines.

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Comment les Perses produisaient-ils la glace ?

Contrairement à une idée répandue, les yakhchāls ne fabriquaient pas de glace grâce à une machine : ils exploitaient simplement les conditions climatiques naturelles du plateau iranien. En hiver, cette région connaît généralement des journées relativement douces, mais les températures nocturnes peuvent descendre largement sous 0 °C.

Les ingénieurs perses aménageaient alors de grands bassins peu profonds alimentés en eau. Durant la nuit, cette eau gelait grâce à deux phénomènes complémentaires : le refroidissement de l'air et le refroidissement radiatif — phénomène par lequel une surface perd de la chaleur sous forme de rayonnement infrarouge vers le ciel nocturne. Dans les déserts iraniens, les conditions étaient particulièrement favorables : ciel souvent parfaitement dégagé, atmosphère très sèche, faible humidité limitant les pertes thermiques inverses. La surface de l'eau pouvait ainsi atteindre une température inférieure à celle de l'air environnant et former une couche de glace. Au lever du jour, les blocs étaient découpés puis transportés dans le yakhchāl ; dans certaines régions montagneuses, la glace pouvait également être récoltée directement dans l'environnement avant d'être acheminée jusqu'aux installations de stockage.

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Les principes physiques du fonctionnement du yakhchāl

Une isolation thermique remarquable — les murs, souvent épais de plus de deux mètres, ralentissaient considérablement la conduction thermique. La chambre enterrée bénéficiait également de l'inertie thermique du sol, dont la température varie beaucoup moins rapidement que celle de l'air extérieur.

Une géométrie optimisée — la forme en dôme possède un faible rapport entre la surface extérieure et le volume intérieur, ce qui réduit les échanges thermiques avec l'environnement, tout en favorisant les mouvements naturels de convection permettant à l'air chaud de monter vers les parties supérieures de la structure.

Une ventilation naturelle — de nombreux yakhchāls étaient conçus pour permettre une circulation permanente de l'air : l'air chaud pouvait être évacué tandis que l'air plus frais restait concentré dans les parties basses où était conservée la glace.

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L'apport des qanats : une gestion intégrée de l'eau et du froid

Certains yakhchāls étaient associés aux qanats, ces extraordinaires galeries souterraines capables de transporter de l'eau sur plusieurs dizaines de kilomètres uniquement grâce à la gravité. L'eau circulant sous terre restait naturellement fraîche et contribuait à maintenir une température basse autour des chambres de stockage — les qanats formaient ainsi un élément complémentaire d'un système plus vaste de maîtrise environnementale développé par les ingénieurs perses.

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Un système complet d'ingénierie climatique

Les yakhchāls ne constituaient pas une invention isolée : ils appartenaient à un ensemble de techniques développées dans la Perse antique afin de répondre aux contraintes des climats désertiques. Parmi ces innovations figuraient notamment les qanats, permettant d'acheminer l'eau sans pompage sur de très longues distances, les bādgirs (tours à vent), capables de capter les vents dominants afin de ventiler et rafraîchir naturellement les bâtiments, et les yakhchāls, destinés au stockage du froid et à la conservation des denrées. Ensemble, ces dispositifs formaient un véritable système de gestion passive du climat, plusieurs millénaires avant l'apparition des technologies modernes.

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Les usages des yakhchāls

L'utilité des yakhchāls dépassait largement la simple conservation de glace. Ils permettaient notamment de conserver la viande et le poisson, de préserver les produits laitiers, de stocker les fruits pendant plusieurs mois, de maintenir une réserve d'eau fraîche durant l'été, et de préparer des boissons rafraîchissantes.

Ils jouaient également un rôle dans la préparation du faloodeh, l'un des plus anciens desserts glacés connus. Cette spécialité iranienne est composée de fins vermicelles d'amidon, d'un sirop parfumé à l'eau de rose et parfois de jus de citron — elle demeure aujourd'hui encore l'un des desserts emblématiques de la cuisine iranienne.

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Un héritage architectural toujours vivant

Plusieurs yakhchāls sont encore visibles en Iran, notamment dans les régions de Yazd, Kerman et Meybod. Ils sont aujourd'hui considérés comme de véritables chefs-d'œuvre d'architecture bioclimatique, démontrant qu'il est possible de produire et conserver du froid sans combustible, sans électricité et sans machine — uniquement grâce à une compréhension approfondie du climat, des matériaux et des lois physiques.

Cette approche inspire encore de nombreux architectes et ingénieurs spécialisés dans les bâtiments à faible consommation énergétique, qui redécouvrent les principes du refroidissement passif développés il y a plus de deux millénaires.

Du yakhtchal au réfrigérateur moderne

Une étonnante continuité linguistique

L'héritage des yakhchāls ne se limite pas à leur architecture. En persan moderne, یخچال (yakhchāl) est devenu le terme courant désignant un réfrigérateur. Cette évolution linguistique est particulièrement révélatrice : le nom de l'ancienne « fosse à glace » s'est naturellement appliqué à l'appareil domestique qui remplit aujourd'hui une fonction comparable.

Malgré plus de deux mille ans d'évolution et l'apparition de la réfrigération électrique, le vocabulaire a conservé la mémoire de cette invention antique. Le yakhchāl illustre ainsi l'extraordinaire capacité des ingénieurs perses à exploiter les ressources naturelles avec une remarquable efficacité — bien plus qu'un simple entrepôt à glace, il constitue un exemple précoce d'ingénierie durable, où architecture, physique et environnement sont intimement liés.

À une époque où la réduction de la consommation énergétique est devenue un enjeu majeur, ces constructions rappellent qu'une connaissance fine du climat et des matériaux peut parfois remplacer les technologies les plus sophistiquées.

L'urbanisme de la Perse et de l'Iran
Une tradition urbaine millénaire, de Cyrus le Grand aux métropoles contemporaines


Légende :
De Pasargades à Ispahan, l'urbanisme iranien témoigne d'une continuité exceptionnelle entre architecture, paysage, pouvoir politique et maîtrise de l'eau.

Introduction
L'Iran possède l'une des plus anciennes traditions urbaines du monde. Depuis les premières cités de l'Élam jusqu'aux métropoles contemporaines, les villes iraniennes témoignent d'une remarquable continuité dans leur organisation, leur adaptation au climat et leur rapport entre espace naturel et espace construit.
Au cours de plus de quatre millénaires, l'urbanisme persan s'est développé autour de quelques principes fondamentaux : la maîtrise de l'eau, l'organisation hiérarchisée des espaces, l'importance du commerce, l'intégration du jardin et l'adaptation aux contraintes climatiques.
Cette tradition a profondément influencé l'architecture et l'urbanisme de nombreuses régions d'Asie occidentale et centrale.

Chronologie de l'urbanisme en Perse et en Iran
PériodeDatesPrincipales caractéristiquesPremières villes iraniennesIVe–IIe millénaire av. J.-C.Apparition des cités de Suse, Sialk et Chogha Zanbil ; agriculture irriguée, temples, rempartsEmpire mèdeVIIe–VIe siècle av. J.-C.Développement des premières capitales royales comme EcbataneEmpire achéménide550–330 av. J.-C.Pasargades, Persépolis, Suse ; capitales impériales, jardins royaux, réseaux hydrauliquesPériode hellénistique330–141 av. J.-C.Influence grecque, plans réguliers et nouvelles fondations urbainesEmpire parthe247 av. J.-C.–224 apr. J.-C.Développement des villes commerciales et caravanièresEmpire sassanide224–651Villes circulaires, palais, temples du feu, perfectionnement des qanatsPériode islamiqueVIIe–XVe siècleDéveloppement du bazar, de la mosquée, des quartiers et des caravansérailsDynastie safavide1501–1736Apogée d'Ispahan, grandes places, jardins et avenuesPériode qadjare1789–1925Modernisation progressive et influence européennePériode Pahlavi1925–1979Urbanisme moderne, automobile, grands axes et nouveaux quartiersRépublique islamiqueDepuis 1979Métropolisation, protection du patrimoine et recherche d'un urbanisme durable

1. Les premières villes du plateau iranien
Les origines urbaines de l'Iran remontent à plusieurs millénaires avant notre ère. Des sites comme Suse, Sialk ou Chogha Zanbil témoignent de sociétés déjà capables d'organiser des espaces urbains complexes.
Ces premières villes reposaient sur :
  • l'agriculture irriguée ;
  • le commerce régional ;
  • l'organisation religieuse ;
  • la concentration du pouvoir autour des temples et des palais.
La maîtrise de l'eau constitue dès cette époque une condition essentielle du développement urbain.

2. L'urbanisme achéménide : la naissance de la capitale impériale
Avec Cyrus le Grand et la fondation de l'Empire achéménide (550 av. J.-C.), l'urbanisme perse prend une dimension nouvelle.
Les grandes capitales impériales — Pasargades, Persépolis et Suse — ne sont pas seulement des centres administratifs : elles sont des représentations symboliques du pouvoir royal.
Pasargades : la capitale-jardin de Cyrus le Grand
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Légende :
Pasargades, fondée par Cyrus le Grand au VIe siècle av. J.-C., associe palais, jardins et canaux d'irrigation dans un vaste paysage organisé. Elle constitue l'un des premiers exemples connus de capitale conçue comme un dialogue entre architecture et nature.
Le site introduit une idée essentielle de l'urbanisme persan : la ville n'est pas séparée du paysage, elle s'inscrit dans celui-ci.

3. Les villes hellénistiques, parthes et sassanides
Après Alexandre le Grand, certains centres adoptent des influences grecques, notamment dans l'organisation géométrique des rues.
Cependant, les traditions iraniennes demeurent fortes et connaissent un nouvel essor sous les Parthes puis les Sassanides.
Firuzabad : la ville circulaire sassanide
Légende :
Firuzabad, fondée au IIIe siècle par Ardashir Ier, est l'un des exemples majeurs de ville circulaire sassanide. Sa géométrie radiale reflète une conception politique et cosmique de l'ordre du royaume.
Les villes sassanides associent :
  • palais royaux ;
  • quartiers d'habitation ;
  • marchés ;
  • centres religieux ;
  • infrastructures hydrauliques.
Cette période marque l'apogée de l'urbanisme préislamique iranien.

4. La ville iranienne islamique
Après le VIIe siècle, les villes iraniennes évoluent autour de nouveaux centres :
  • la grande mosquée ;
  • le bazar ;
  • les quartiers résidentiels (mahalla) ;
  • les caravansérails.
Cependant, l'héritage ancien demeure visible : importance de l'eau, organisation hiérarchisée des espaces et adaptation au climat.
Les maisons traditionnelles privilégient :
  • les cours intérieures ;
  • les murs épais ;
  • les ruelles ombragées ;
  • la séparation entre espaces publics et privés.

5. L'eau et le climat : les grandes inventions de l'urbanisme iranien
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Légende :
Le qanat et le badgir sont deux inventions majeures de l'urbanisme iranien traditionnel. Le premier assure l'approvisionnement en eau, le second permet la ventilation naturelle des bâtiments.
Dans un environnement largement aride, les ingénieurs persans développent des solutions remarquables :
  • qanats : galeries souterraines transportant l'eau ;
  • badgirs : tours à vent rafraîchissant les habitations ;
  • citernes : réserves d'eau protégées de l'évaporation.
Yazd : une ville adaptée au désert
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Légende :
Yazd représente l'un des meilleurs exemples de ville iranienne adaptée aux conditions désertiques grâce à son architecture climatique traditionnelle.

6. Ispahan : l'apogée de l'urbanisme persan
Sous les Safavides, l'Iran connaît une véritable renaissance urbaine.
Shah Abbas Ier transforme Ispahan en capitale monumentale autour de la place Naqsh-e Jahan.
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Légende :
La place Naqsh-e Jahan d'Ispahan associe palais, mosquées et bazar dans un ensemble urbain conçu comme une représentation de l'ordre politique et religieux safavide.
La ville combine :
  • espaces politiques ;
  • lieux religieux ;
  • activités commerciales ;
  • jardins ;
  • grandes avenues.
Le célèbre axe du Chahar Bagh constitue l'un des exemples les plus aboutis d'intégration du paysage dans la ville.

7. Les transformations modernes : de Téhéran à la métropole contemporaine
À partir du XIXe siècle, les villes iraniennes connaissent une transformation profonde.
Sous les Qadjars puis les Pahlavi apparaissent :
  • grands boulevards ;
  • plans urbains modernes ;
  • quartiers résidentiels nouveaux ;
  • infrastructures automobiles.
Téhéran : la ville moderne
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Légende :
Téhéran illustre le passage de la ville traditionnelle iranienne à la métropole moderne. Son développement rapide pose aujourd'hui des questions majeures liées à la mobilité, à la pollution et aux ressources en eau.

Conclusion : un héritage pour la ville durable
De Pasargades à Téhéran, l'histoire urbaine iranienne révèle une remarquable capacité d'adaptation.
Les principes anciens — gestion intelligente de l'eau, architecture climatique, intégration du paysage et équilibre entre espaces publics et privés — trouvent aujourd'hui un nouvel intérêt face aux défis environnementaux.
L'urbanisme persan n'est donc pas seulement un héritage historique : il constitue également une source d'inspiration pour penser les villes du futur.
L'urbanisme de la Perse et de l'Iran
Une tradition urbaine millénaire
L'Iran possède l'une des plus anciennes traditions urbaines du monde. Depuis les premières cités de l'Élam jusqu'aux métropoles contemporaines, les villes iraniennes témoignent d'une remarquable continuité dans leur organisation, leur adaptation au climat et leur rapport au pouvoir. Si les formes urbaines ont évolué au fil des siècles, plusieurs principes fondamentaux – maîtrise de l'eau, hiérarchie des espaces, importance du commerce et intégration de la nature – ont traversé les époques.
Les premières villes du plateau iranien
Les premières formes d'urbanisation apparaissent dès le IVe millénaire avant notre ère avec des sites tels que Suse, Sialk ou Chogha Zanbil. Ces établissements se développent grâce à l'agriculture irriguée, au commerce et à la maîtrise des ressources en eau. Les villes sont alors entourées de remparts et organisées autour de palais, de temples et de quartiers artisanaux.
Cette tradition urbaine constitue le socle sur lequel se développeront les grands empires perses.
L'urbanisme achéménide
Avec la fondation de l'Empire achéménide par Cyrus le Grand au VIe siècle av. J.-C., l'urbanisme acquiert une dimension impériale. Les capitales royales – Pasargades, Suse, Ecbatane puis Persépolis – ne sont pas seulement des centres administratifs : elles expriment la puissance de l'État et l'unité d'un vaste empire.
Pasargades constitue un modèle original où palais, jardins et canaux s'intègrent dans un vaste paysage aménagé. Cette conception annonce le chahar bagh, le jardin persan quadripartite, qui influencera durablement l'architecture et l'urbanisme du Moyen-Orient et de l'Asie.
Persépolis, édifiée sous Darius Ier et ses successeurs, représente quant à elle une cité cérémonielle destinée à accueillir les grandes fêtes impériales. Son organisation monumentale illustre la volonté des souverains achéménides d'associer architecture, symbolisme et pouvoir.
Les périodes hellénistique, parthe et sassanide
Après la conquête d'Alexandre, certaines villes adoptent des plans inspirés du modèle grec, caractérisés par des rues orthogonales et des places publiques. Toutefois, les traditions iraniennes demeurent vivaces.
Sous les Parthes puis les Sassanides (IIIe-VIIe siècles), l'urbanisme connaît un nouvel essor. Plusieurs villes sont fondées selon un plan circulaire, comme Firuzabad, où les remparts concentriques et les avenues rayonnantes symbolisent l'ordre du royaume.
Les villes sassanides associent palais, temples du feu, quartiers résidentiels et marchés dans une organisation hiérarchisée. Cette période voit également le perfectionnement des infrastructures hydrauliques, notamment les qanats, galeries souterraines permettant d'acheminer l'eau sur de longues distances.
La ville iranienne islamique
Après la conquête arabe au VIIe siècle, les villes iraniennes connaissent une profonde transformation sans rompre totalement avec leur héritage.
La mosquée principale devient le centre religieux de la cité tandis que le bazar s'impose comme le cœur économique et social. Les quartiers résidentiels (mahalla) s'organisent autour de petites mosquées, de bains publics et d'espaces communautaires.
Les ruelles étroites, les maisons à cour intérieure et les hauts murs répondent aux contraintes climatiques tout en préservant l'intimité des habitants. Cette architecture favorise la fraîcheur en été et protège des vents désertiques.
Le jardin persan et la maîtrise de l'eau
L'un des traits les plus caractéristiques de l'urbanisme iranien réside dans l'importance accordée à l'eau et aux jardins.
Le jardin persan, organisé selon un plan quadripartite (chahar bagh), associe végétation, bassins et canaux dans une composition géométrique symbolisant l'harmonie entre l'homme et la nature. Cette conception influencera les jardins islamiques d'Asie centrale ainsi que les jardins moghols en Inde.
Dans un environnement souvent aride, les qanats, les citernes (ab anbar) et les tours à vent (badgir) permettent d'assurer l'approvisionnement en eau et le rafraîchissement naturel des habitations. Ces dispositifs témoignent d'une remarquable adaptation aux contraintes climatiques.
Ispahan, l'apogée de l'urbanisme safavide
Sous la dynastie safavide (XVIe-XVIIe siècles), Ispahan devient l'une des plus belles capitales du monde.
Le souverain Shah Abbas Ier entreprend une vaste restructuration de la ville autour de la place Royale (Naqsh-e Jahan), bordée par les principales institutions politiques, religieuses et commerciales. Les grandes avenues plantées, les ponts sur la rivière Zayandeh Rud, les jardins et les palais composent un ensemble urbain d'une exceptionnelle cohérence.
Cette organisation associe harmonieusement pouvoir, commerce, religion et paysage, faisant d'Ispahan l'un des chefs-d'œuvre de l'urbanisme islamique.
Les transformations modernes
À partir du XIXe siècle, l'Iran s'ouvre progressivement aux influences européennes. Sous les Qadjars puis les Pahlavi, les villes connaissent d'importantes mutations : création de larges avenues, démolition de certaines fortifications, développement des transports modernes et extension des quartiers résidentiels.
Téhéran, devenue capitale à la fin du XVIIIe siècle, s'impose progressivement comme la principale métropole du pays. De nouveaux quartiers sont construits selon des plans géométriques inspirés de l'urbanisme occidental tout en conservant parfois certains principes traditionnels.
Les défis contemporains
Aujourd'hui, les villes iraniennes font face à des enjeux majeurs : croissance démographique, pollution, circulation automobile, pénurie d'eau et préservation du patrimoine historique.
Parallèlement, de nombreux architectes et urbanistes redécouvrent les qualités de l'urbanisme traditionnel iranien. Les cours intérieures, les systèmes passifs de ventilation, la maîtrise de l'eau et la densité des tissus anciens constituent autant de références pour concevoir des villes plus durables et mieux adaptées aux changements climatiques.
Un héritage toujours vivant
De Pasargades à Téhéran, l'urbanisme iranien illustre une histoire de plus de quatre millénaires au cours de laquelle les villes ont constamment su s'adapter aux évolutions politiques, économiques et environnementales. Héritier des traditions antiques tout en intégrant les apports de l'époque islamique et de la modernité, il demeure un remarquable exemple d'équilibre entre architecture, paysage, gestion des ressources et organisation sociale.
Loin d'être un simple héritage du passé, cet urbanisme continue aujourd'hui d'inspirer les réflexions sur la ville durable, la résilience climatique et la valorisation du patrimoine, faisant de l'Iran l'un des grands foyers historiques de la civilisation urbaine.
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La ville à l'ère préislamique en Iran

La ville iranienne pré-islamique s’est formée et s’est développée au début de la Genèse, sous l’influence de la civilisation mésopotamienne. En fait, au cours de la période de civilisation Mède et de la dynastie des Achéménides, nous assistons à la formation de la "Cité du Temple" et de la "Cité du Pouvoir" (style persan).

Dans la suite, la ville iranienne est confrontée à l'invasion grecque et nous voyons une sorte d'imposition du style urbain et du style de vie, notamment avec la construction de nombreuses nouvelles villes.

La ville à cette époque est un mélange des concepts de la cité grecque et de la cité du pouvoir de style perse. Au cours du processus et avec la disparition des derniers dirigeants grecs, les villes retourne au style perse par un puissant gouvernement parthe.

La principale différence entre le style de la période parthe et celui de la période sassanide est celle du style persan, compte tenu des zones périphériques des villes et de l'exercice du pouvoir de la ville sur elles.

Globalement, malgré ses hauts et ses bas, la ville pré-islamique d’Iran se présente comme suit:

  1. Premièrement, une forteresse de gouvernement qui abrite des palais, des temples, des installations militaires et administratives, des trésors et des entrepôts d’armes.
  2. La seconde est la ville moyenne où se forment les quartiers résidentiels avec une place et un bazar.
  3. Troisièmement est la ville extérieure, où les gens ordinaires vivent et sont en dehors de la clôture de la ville.

Les villes ont été façonnées par un certain nombre de facteurs:

  1. Le premier facteur était les modes de communication déterminant le lieu de formation des villes.
  2. Le deuxième facteur était une classe appelée le clergé, qui n'avait pratiquement aucun rôle décisif dans la formation de la ville.
  3. Le troisième facteur, le plus important, qui a la plus grande influence sur la structure de la ville et sur l'emplacement de ses éléments et composants, est le même système de classes qui gouverne les idées et les croyances de l'Iran pré-islamique. Ceci détermine les principales divisions et distinctions de la ville.


Ville à l'ère islamique en Iran

Après l’introduction de l’islam dans la ville, la ville iranienne adopte des changements évidents. Le premier et le plus important de ceux-ci est la rupture du système d'urbanisation existant basé sur le système social de classe.

Dans ce changement, la frontière entre les trois parties de la ville est supprimée et la ville extérieure, où les segments sont situés en dehors des classes sociales privilégiées, devient de plus en plus importante.
La ville iranienne dans sa structure globale, après avoir traversé diverses étapes, finit par mûrir dans l’école d’Ispahan à l’époque des Safavides.

La structure de la ville à cette époque comprend plusieurs éléments principaux:

  1. la première mosquée, qui a été le principal symbole de la ville islamique depuis la formation de l'État islamique dans la ville de Médine, a joué un rôle important jusqu'à ce jour et son importance a grandi de jour en jour. La mosquée, en tant qu'élément physique le plus important de l'islam dans la ville, a choisi le centre des villes pour sa formation et sa présence, et était l'élément le plus important de la ville.
  2. Deuxièmement, le marché, qui était l’espace public urbain et l’épine dorsale de la ville. Le marché tourne autour de la mosquée et de l’école. Cet enchevêtrement de symboles de religion et d'économie est un aspect de la différence entre les villes islamiques et les villes européennes, la différence découlant de l'omniprésence des préceptes de l'islam contre ceux du christianisme catholique.
  3. Le troisième est les quartiers résidentiels des villes durant l'ère islamique. Avec l'expansion de la ville islamique, les villageois ont commencé à émigrer et ainsi se sont formés les différents quartiers de la ville. Des quartiers différents les uns des autres, ethniques, religieux ou professionnels. Chaque quartier est une unité cohérente dont les habitants sont regroupés en fonction de l’un des facteurs susmentionnés.
  4. Le quatrième est la place. La place principale de la ville, située au centre de la ville, était le lieu de rassemblement principal ainsi que le point de convergence des divers éléments religieux, économiques et gouvernementaux, tels que la place Jahan à Isfahan. Il y avait aussi des places de plus petite taille dans chaque quartier, qui était le principal espace interactif du quartier.
  5. Le Cinquième était les rues. La tâche principale des rues était de relier différents éléments urbains. Dans le même temps, ils constituaient également un espace interactif.

L'important dans les transits est la hiérarchie des passages publics, semi-publics, semi-privés et privés, qui est une fonction du principe de secret dans les croyances religieuses de l'islam. En résumé, les principaux facteurs affectant la ville peuvent être résumés comme suit:

1- L'Islam comme facteur principal
2. L'économie au coeur de la ville
3. Les interactions sociales en tant que façonnant des espaces statiques et dynamiques.


Ville en Iran contemporain

La ville iranienne a commencé son voyage rapide vers les villes européennes lorsque les rois des rois Qajar ont commencé à ressembler de plus en plus à des villes européennes. Ce voyage se poursuit aujourd'hui avec ses hauts et ses bas.

En fait, ces changements, influencés par le mirage européen, ont commencé par une simple modélisation des villes occidentales, mais ce qui est arrivé par la suite a été la formation inconsciente de modes de vie non autochtones.

Les rues avec des magasins des deux côtés prennent peu de temps pour atteindre le marché.

Ce changement physique transforme le style d'achat, de vente, de consommation et même de temps libre. Avec l’arrivée de la voiture, des rues droites et croisées parsemées de vieilles textures sont devenues des modèles pour de nouveaux quartiers.

Ce mouvement est l’un des facteurs qui détruit complètement la notion de voisinage et sa cohésion. Les villes se développent rapidement et les métropoles émergent. En raison de cette expansion, les citadins sont très éloignés et ignorent les humeurs des uns et des autres.

Le logement en tant que nouveau mode de vie est en pleine expansion.

La ville est divisée en deux zones: les parties haute et basse de la ville.

Le rôle des mosquées, considéré jadis comme l'élément le plus important de la ville, devient très flou. Le développement futur de la ville est planifié conformément au plan directeur européen. En bref, ce qui définit tous les incontournables de la ville n’est que le style international. Un style qui, selon la vision moderniste, suppose que tous les êtres humains, quels que soient leur culture, leur nationalité, leur appartenance ethnique ou leur religion, ont des besoins déterminés et répondent partout.

La ville joue en réalité un rôle central dans différents modes de vie. Cependant, la forme de ce plat affectera certainement la forme et la qualité des plats. De ce fait, il est extrêmement important de s’attaquer au problème de la ville et à ses facteurs déterminants.

Les divers facteurs qui ont contribué à façonner la structure de la ville à différentes périodes de l’histoire sont le résultat des nombreuses expériences humaines vécues sur ce globe. Il semble que chacun de ces facteurs continue à avoir un impact sur la ville, mais la clé pour créer un bon modèle consiste à hiérarchiser et à déterminer la contribution appropriée au jeu de rôle dans la ville.
Urbanisme

Les idées urbanistes modernes ont été conçues et appliquées en Iran à partir de 1952.

Pendant le boycott britannique du pétrole iranien de 1952, le gouvernement iranien cherchait à obtenir des revenus en investissant dans des projets infrastructurels et agricoles.

C’est au cours de cette période que la Bank Sakhtemani a été créée pour créer des fonds propres et financer des projets d’infrastructures dans tout l’Iran, y compris le développement urbain.

En 1952, le Parlement iranien a approuvé l’achat de terrains en dehors des limites de la ville de Téhéran par la banque Sakhtemani pour un développement urbain. Bank Sakhtemani a collaboré avec l’Association des architectes iraniens diplômés (AIAD) à l’élaboration de plans directeurs pour ces projets. Kuy-e-Narmak, Tehran Pars et Nazi-Abad ont été les premiers projets.

L’AIAD a tenté d’intégrer les idées de conférences modernistes telles que l’Union internationale des architectes (UIA) et le Congrès international d’architecture moderne (CIAM), avec l’architecture vernaculaire persane, pratiquant ainsi un modernisme vernaculaire.

Des décennies plus tard, ces quartiers ont conservé leur structure sous-jacente qui les a organisés et rendus identifiables, même si les facteurs sociaux et économiques de la société ont changé.


Kuy-E-Narmak: Cité de la classe moyenne

Narmak (en persan: نارمک) est un quartier urbain situé au nord-est de Téhéran, la capitale de l'Iran. Situé dans les 4ème et 8ème arrondissements de Téhéran, le district se compose de 110 places de tailles différentes, les principaux nœuds étant la place Haft Hoz et le parc Fadak. Le projet est conçu par l'AIAD et financé par Bank Sakhtemani de 1952 à 1958. Il abrite plus de 340 000 habitants.

Conception

Narmak a été construit sur 506 hectares, dans lesquels 184, 225 et 97 hectares ont été attribués aux places et aux rues, aux logements et aux équipements collectifs, respectivement. La disposition comprend six boulevards principaux et leurs voies qui se croisent. La grille forme 110 blocs dans lesquels tous contiennent une place publique au centre. Jusqu'à six impasses est-ouest ont été chassées de chaque carré pour subdiviser les lots en vue de leur développement.


Place Haft Hoz à Narmak

À l'intersection des boulevards centraux nord-sud et ouest-est, une grande place, Haft Hoz, a été placée et est entourée de tours administratives, de bâtiments municipaux, d'un hôpital et de bâtiments commerciaux. Le long des autres grands boulevards, une série de petites installations publiques ont été installées. Une zone de loisirs, le parc Fadak, a été créée pour accueillir les installations culturelles publiques. De plus, un système français de préfabrication, KALAD, devait être utilisé pour la construction résidentielle, mais seulement 370 ont été construits avec des matériaux locaux. L’utilisation de nouvelles méthodes de construction et de nouveaux matériaux est le résultat de la volonté des populations d’avoir une qualité de vie européenne de haute qualité. Même si les projets de logements à loyer modéré n'étaient pas souhaitables pour de nombreux architectes et développeurs de l'époque, l'AIAD y voyait une opportunité de mettre en œuvre des idées modernes.

Dans son approche de la planification de Narmak, l’AIAD s’inspire de la philosophie de Le Corbusier exposée dans «La ville fonctionnelle» et de la Charte d’Athènes de 1943. Cette charte expliquait les conditions de ville nécessaires en matière de logement, de loisirs, de travail et de transport. souligné les avantages de l'organisation collective. Pour mettre en œuvre les principes modernistes et avant de planifier le nouveau quartier, l’AIAD s’est rendue à Chandigarh pour y trouver l’inspiration. Chandigarh représentait ce qu'ils visaient, une application réussie des principes modernistes sur une ville nouvellement développée.

Modernisme persan

Les architectes de Narmak aspiraient à appliquer l’architecture vernaculaire persane aux principes modernes pour créer une familiarité avec les résidents. Premièrement, les architectes ont appliqué l’idée du Chaharbagh d’Esfehan aux rues de Narmak. Deuxièmement, les architectes ont placé un Meydan au centre de chaque bloc; un jardin qui crée un lieu de joie, de bonheur, de rencontre et de familiarité pour les résidents. Enfin, les maisons individuelles, généralement des maisons individuelles d'un étage de trois typologies, étaient entourées de murs de deux mètres de haut (6,6 m) formant un hayat, ou cour, typique de l'architecture locale.

Pour une construction plus rapide, les architectes ont construit des bâtiments avec un mélange de murs en briques porteuses et de charpentes en acier afin de montrer aux habitants qu'il serait possible de construire avec des matériaux locaux. Les résidents avaient le choix de passer commande auprès de la banque Sakhtemani ou de construire leur propre maison sous la supervision technique de la banque. La majorité a choisi la deuxième option, qui a conduit à «l'hétérogénéité et la polarité des expériences modernes et au sens du lieu» décrites par Umbach et Huppauf. La localisation et l'adaptation dans des maisons individuelles, basées sur les matériaux locaux et la force du marché, ont intégré les capacités artisanales traditionnelles et les capacités de travail des migrants.

Élasticité

En proposant des hypothèques pour la construction de nouvelles maisons, Bank Sakhtemani a pu s'auto-organiser et soutenir le projet indépendamment des investissements externes. Le quartier a été planifié sur une période de 7 mois sans aucun soutien gouvernemental. Par la suite, les propriétaires de parcelles ont pu réaliser leurs maisons en divisant leurs terres en deux ou trois parcelles et en les vendant toutes sauf une. Cela a été rendu possible par la loi sur la propriété privée de 1906, pendant la révolution constitutionnelle iranienne. La loi permettait aux gens d'organiser, de contrôler, d'adapter et de changer leur cadre de vie eux-mêmes, renforçant ainsi le concept d'auto-organisation du projet Narmak. Tout cela a permis aux résidents d'ajouter du caractère à leur résidence et de créer un sentiment d'appartenance. Contrairement à la plupart des événements qui se sont déroulés jusque-là en Iran et qui constituaient des zones isolées, Narmak comptait une variété de personnes d’origines différentes. La propriété foncière qui a été créée et maintenue au fil des ans a créé une identité de quartier particulièrement résiliente [2].

Tehran Pars: ville de la haute bourgeoisie

TehranPars (en persan: تهران‌پارس) est un quartier urbain situé dans les 4ème et 8ème districts du nord-est de Téhéran. Le district se compose de 4 places principales et est bordé à l'ouest par Narmak. Le projet a été financé par Bank Sakhtemani de 1958 à 1972 et conçu par AIAD.

TehranPars était principalement financé par la communauté zoroastrienne. Sa construction répondait à la croissance continue de la population de Téhéran. Bien qu’il reste un quartier prospère, il n’avait pas l’infrastructure nécessaire pour devenir une ville autonome. TehranPars n'a pas le sens du lieu présent à Narmak, en raison de l'absence d'institutions emblématiques telles que les théâtres et les musées.

Nazi Abad: ville de classe industrielle

Nazi Abad est un quartier urbain situé dans le sud de Téhéran. Situé dans le 16ème arrondissement de la ville, le district est moins riche que Narmak ou TehranPars mais reste l’un des meilleurs endroits pour résider dans la ville. Le projet a été financé par Bank Sakhtemani de 1952 à 1954 et conçu par AIAD. Pendant la Seconde guerre mondiale, il était destiné à loger des travailleurs allemands.

Nazi Abad existait avant l’investissement et la construction par Bank Sakhtemani et AIAD étant fondé par l’aristocratie Qajar avant le 20ème siècle, d’où son nom. Au cours de la modernisation de l’Iran, le développement était axé sur la création d’un district attractif pour les travailleurs de l’industrie. Aujourd'hui, il se compose de logements bas pour la classe ouvrière, d'une université, de zones industrielles et d'un grand espace vert au nord-ouest. Il est basé sur une grille plus souple que les deux autres districts.
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Maquette avec le vrai logo que tu as fourni, et une structure resserrée en une seule grille (au lieu de blocs dispersés).
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