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Norooz - Pasargades — Encyclopédie indépendante du voyage en Iran

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Norooz

Norouz, le Nouvel An persan — Pasargades

Encyclopédie

Norooz, le nouvel an persan

Encyclopédie du voyage en Iran

Norooz

Le Nouvel An persan, naissance du printemps

Célébré depuis au moins 3000 ans à l'équinoxe de printemps, Norouz rythme la vie iranienne en trois temps forts — la fête du feu, le Nouvel An et la sortie dans la nature — perpétués sans interruption depuis l'époque achéménide jusqu'à aujourd'hui.

Le Nouvel An iranien (Norouz) se célèbre en trois grandes étapes : avant, pendant et après le passage à la nouvelle année. Norouz est la fête traditionnelle des Iraniens qui célèbrent le nouvel an du calendrier persan, premier jour du printemps. La fête est célébrée par certaines communautés le 21 mars et par d'autres le jour de l'équinoxe vernal, dont la date varie entre le 20 et le 22 mars. En français, Norouz est également appelé Nouvel an persan ; il est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2019.

ÉtapePériodeSignification
🔥 Tchaharchanbeh-SouriLe mardi soir à la veille du dernier mercredi de l'annéePurification et préparation
🌱 NorouzDu 20 mars au 1er avril environNaissance du printemps et nouvelle année
🌿 Sizdeh BedarLe 2 avril (13e jour)Sortie dans la nature et clôture des célébrations
Tchaharchanbeh-Souri, la fête du feu 01

Tchaharchanbeh-Souri, la fête du feu

Tchaharchanbeh-Souri, appelé aussi la « Fête du feu », est célébré le mardi soir à la veille du dernier mercredi de l'année par les Iraniens depuis au moins 1700 ans avant Jésus-Christ, c'est-à-dire depuis la première période du zoroastrisme.

Feux de Tchaharchanbeh-Souri

À l'occasion de cette fête, des luminaires et décorations sont installés dans les grandes villes iraniennes, et des feux sont allumés dans les places publiques. Les luminaires et le feu symbolisent l'espérance d'un éclaircissement et d'un bonheur radieux pour l'année à venir. Concrètement, les gens réunissent des tas de bois plus ou moins grands pour les enflammer et sauter par-dessus les flammes, en prononçant la phrase « Zardi-yé man az to ; sorkhi-yé to az man » — littéralement « ma [couleur] jaune pour toi, ta [couleur] rouge pour moi » (le rouge étant la couleur du feu) —, c'est-à-dire, figurativement, « je te donne ma pâleur, ou ma maladie ; je prends ta force, ta santé ».

C'est l'occasion d'un grand rassemblement populaire où les Iraniens sortent dans l'espace public — rues et parcs — et s'offrent des sucreries connues sous le nom d'Adjilé Moshkel Gosha (mélange de noisettes, de noix de cajou, de noix, de pistaches, de raisins secs et de mûres blanches séchées) afin de glorifier la santé et le bonheur de l'année passée. Des pétards sont lancés dans les rues.

D'après la tradition, les esprits des ancêtres rendent visite aux vivants les derniers jours de l'année, et beaucoup d'enfants s'entourent de draps, rejouant ainsi symboliquement les visites des morts. Ils courent aussi dans les rues en tapant sur des boîtes et des casseroles et frappent aux portes pour jouer des tours aux gens — un rituel appelé qashogh-zany (littéralement « tapement de cuillère »), qui symbolise le fait de chasser la malchance du dernier mercredi de l'année.

Il existe plusieurs autres traditions cette nuit-là : le Kouzé Chékastan, pendant lequel on casse des jarres en terre contenant symboliquement la mauvaise fortune de quelqu'un ; le Fâl-gouch, l'art de la divination en écoutant les conversations des passants ; et le Guéré-gochâyi, qui consiste à faire un nœud dans un mouchoir ou un tissu et à demander au premier passant de le défaire afin d'éloigner la malchance de quelqu'un.

La signification religieuse liée au zoroastrisme, attachée à Tchaharchanbé-Souri, a aujourd'hui laissé place à un festival culturel partagé par plusieurs peuples iraniens au-delà des Persans, notamment les Kurdes, les Azéris et les Tadjiks.

Célébrations de Norouz en Iran 02

Norouz, le Nouvel An persan

Norouz commence avec l'arrivée du printemps et le moment exact de l'équinoxe. Les familles se réunissent, préparent la table traditionnelle du Haft-Sîn, rendent visite à leurs proches et célèbrent le renouveau de la nature.

Sizdeh Bedar, pique-nique dans la nature 03

Sizdeh Bedar, sortie dans la nature

Sizdah bedar est une fête traditionnelle persane fêtée treize jours après Norouz, le nouvel an persan. Le treizième jour des fêtes du nouvel an est Sizdah Bedar — signifiant littéralement « treizième dehors » —, un jour festif célébré à l'air libre, souvent accompagné de musique et de danse. Cette journée est passée à pique-niquer en famille.

Les célébrations du treizième jour viennent de la croyance des anciens Perses selon laquelle les douze constellations du Zodiaque influençaient les mois de l'année, et que chacune régnait sur la terre pour un millier d'années ; à la fin de ce cycle, le ciel et la terre sombraient dans le chaos. Cette croyance est l'une des origines possibles de la superstition qui attribue au nombre treize un pouvoir maléfique, à l'origine de la triskaïdékaphobie. En conséquence, Norouz dure douze jours, et le treizième représente le chaos — un moment pendant lequel les familles mettent l'ordre de côté et évitent la malchance associée au nombre treize en allant dehors profiter d'un pique-nique et d'une fête.

À la fin des célébrations de cette journée, les sabzeh cultivées pour le Haft Sin — qui ont symboliquement recueilli toute la maladie et la malchance — sont jetées dans de l'eau courante pour exorciser les démons (divs) de la maisonnée. Il est aussi de coutume pour les jeunes femmes célibataires d'attacher les tiges des sabzeh avant de les jeter, exprimant ainsi le souhait d'être mariées avant le Sizdah Bedar de l'année suivante.

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Le nom de la fête

Le mot vient de l'avestique nava, « nouveau », et rəzaŋh, « jour » ou « lumière du jour » — soit « nouveau jour » ou « nouvelle lumière ». Ce sens s'est conservé tel quel en persan moderne, où no signifie « nouveau » et rouz signifie « jour ».

La table du Haft-sin 05

Le Haft-sin

Haft-sin est une nappe dressée de sept éléments symboliques dont les noms commencent tous par la lettre persane « س » (S). Voici les principaux éléments du Haft-sin :

  1. Sabzeh (سبزه) — germes de blé, d'orge, de haricot mungo ou de lentille cultivés dans un plat.
  2. Samanu (سمنو) — pouding sucré de germe de blé.
  3. Senjed (سنجد) — olive persane.
  4. Serkeh (سرکه) — vinaigre.
  5. Seeb (سیب) — pomme.
  6. Sir (سیر) — ail.
  7. Somāq (سماق) — sumac.

Les pièces de monnaie (sekkeh), la jacinthe (sonbol) et l'horloge (sâat) sont parfois également incluses. D'autres éléments symboliques généralement utilisés pour accompagner le Haft-sin comprennent un miroir, des bougies, des œufs peints, des poissons rouges et des confiseries persanes traditionnelles. Un « livre de sagesse » est également couramment inclus, qui pourrait être le Coran, la Bible, l'Avesta, le Shahnameh ou le divan de Hafez.

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Origines antiques et achéménides

Le terme Norouz est apparu pour la première fois dans les documents de l'Empire perse au IIe siècle avant notre ère, mais il y a des raisons de croire que la célébration est beaucoup plus vieille et qu'elle était déjà probablement un jour important pendant la dynastie achéménide (vers 648 av. J.-C. - 330 av. J.-C.). Il a été suggéré que dans le célèbre complexe palatial de Persépolis, le palais de l'Apadana et le « Palais aux cent colonnes » avaient été construits afin d'être utilisés spécialement pendant les célébrations de Norouz. Cependant, aucune mention du terme Norouz n'existe dans les inscriptions achéménides.

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De l'époque parthe aux Sassanides

Les plus anciennes mentions de Norouz remontent à l'époque parthe, ou arsacide (247 av. J.-C. - 224 apr. J.-C.). Il existe des références spécifiques à la célébration de Norouz pendant le règne de Vologèse Ier, mais les détails n'en sont pas cités.

Des détails substantiels sur la célébration de Norouz apparaissent après l'accession au trône d'Ardachîr Ier, fondateur de la dynastie sassanide (224-650 de notre ère). Sous les rois sassanides, Norouz était célébré comme le jour le plus important de l'année. La plupart des traditions royales de Norouz, comme les audiences royales en public, les cadeaux et le pardon des prisonniers, ont été établies pendant l'époque sassanide et sont restées telles quelles jusqu'à l'époque moderne.

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Norouz après l'islamisation

Norouz, de même que Sadeh — célébré au milieu de l'hiver —, a survécu dans la société après l'introduction de l'islam en 650 apr. J.-C. D'autres célébrations, comme Gāhanbār et Mehregân, ont été mises de côté ou n'ont continué à être suivies que par les zoroastriens, qui les ont emmenées jusqu'en Inde. Norouz, cependant, était une fête très célébrée, même par ceux qui ont adopté l'islam très tôt : il reste des indications que les quatre grands califes ont présidé aux célébrations de Norouz, et que le jour était férié pendant la période abbasside.

Après la chute du califat et la réémergence de dynasties perses comme les Samanides et les Bouyides, Norouz a été élevé à un niveau encore plus important. Les Bouyides ont fait revivre les anciennes traditions de l'époque sassanide et ont restauré d'autres célébrations de moindre importance qui avaient été éliminées par le califat. Même les envahisseurs ottomans et mongols n'ont pas tenté d'abolir Norouz au profit d'une autre célébration : la fête est donc restée la principale des Iraniens, à la fois au niveau officiel et populaire.

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Norouz sous la République islamique

La dernière illustration remarquable de la stabilité de cette fête est survenue à la suite de l'avènement de la République islamique. Le nouveau régime d'obédience religieuse voyait d'un mauvais œil une célébration si grandiose et si populaire pour une fête dont l'origine n'était pas musulmane. Aucun effort n'a été fait pour célébrer officiellement ce jour, et un parallèle systématique a été établi avec les martyrs de la révolution et de la guerre.

Après deux décennies, la volonté populaire a donné raison à l'Histoire : Norouz est de nouveau célébré en Iran, encore plus fastueusement que par le passé, et de grands Haftsin ont fait leur apparition ces dernières années à l'initiative de la mairie de Téhéran, sur les grandes places de la ville.

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Variantes et diffusion régionale

Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme. Aujourd'hui, la fête est célébrée dans de nombreux pays qui ont été des territoires ou qui ont été influencés par l'Empire perse : en dehors de l'Iran, on peut citer le Kurdistan, l'Afghanistan, des parties du Moyen-Orient ainsi que les ex-républiques soviétiques du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, du Turkménistan, de l'Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Kirghizistan, pays dans lesquels la fête est appelée Navrouz.

La fête est aussi célébrée par les Parsis zoroastriens et les hindous de la vallée du Cachemire, qui l'appellent Navreh en Inde, ou par les Salars, dans la province de Qinghai, en Chine. Dans la plupart des pays, on accompagne la fête d'un Norouz Mubarak (« félicitations ») ; au Kurdistan, on dit Newroz pîroz be.

Les suivants de la variante Fasli du calendrier zoroastrien célèbrent aussi Norouz comme le premier jour de l'année nouvelle. D'autres variantes du calendrier zoroastrien célèbrent Norouz deux fois : une première fois en tant que Jamshedi Navroz, le 21 mars, début du printemps, et un second Norouz a lieu en juillet-août, en tant que veille de l'année nouvelle ou jour de l'an. Que ce second Norouz soit célébré comme dernier jour de l'année — contrairement à ce que suggère un terme signifiant « nouveau jour » — pourrait être dû au fait que, dans la Perse antique, le jour commençait au coucher du soleil, alors qu'ultérieurement les Perses ont considéré que le jour commençait au lever du soleil.

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Norouz et le bahaïsme

Le bahaïsme, une religion qui trouve ses origines en Iran, célèbre aussi ce jour — son nom est alors écrit Naw-Rúz selon la translittération bahá'íe — en tant que fête religieuse marquant non seulement la nouvelle année selon le calendrier bahá'í, mais aussi la fin de leur jeûne de 19 jours.

Les bahá'ís persans suivent toujours les coutumes iraniennes associées à Norouz, mais les bahá'ís du monde entier fêtent ce jour en suivant plus ou moins leurs coutumes locales. Naw Rúz, d'après leurs écritures, tombe le jour de l'équinoxe vernal ; depuis le 10 juillet 2014, Téhéran est défini comme point de référence du globe terrestre pour déterminer ce jour. Les bahá'ís doivent, ce jour-là, suspendre leur travail ainsi que tout travail scolaire.

Dans les républiques ex-soviétiques d'Asie centrale, Norouz — le 21 ou 22 mars — est communément considéré comme le « nouvel an des musulmans » et donne lieu à des festivités tant religieuses que profanes. Alors que le calendrier persan est très précis quant au moment astronomique où débute la nouvelle année, la période de 24 heures pendant laquelle l'année astronomique commence est considérée comme Norouz.

Pique-nique familial pour Sizdah Bedar 12

Préparatifs et traditions actuelles

En Iran, les préparations de Norouz commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver du calendrier persan. Les Iraniens, les Afghans et d'autres groupes commencent à se préparer en faisant un grand « nettoyage de printemps » dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs — la jacinthe véritable et la tulipe étant particulièrement populaires. En association avec la renaissance de la nature, le nettoyage de printemps est la tradition nationale suivie par la plupart des ménages en Iran.

Cela s'étend aussi aux effets personnels : traditionnellement, tout le monde s'achète au moins une garde-robe neuve. Le jour du nouvel an, les familles s'habillent avec leurs vêtements neufs et commencent les réjouissances de cette période, en allant rendre visite aux anciens, puis au reste de la famille, et enfin aux amis. Le treizième jour, sizdah bedar, les familles quittent leur maison et vont pique-niquer à l'extérieur.

Du feu purificateur de Tchaharchanbeh-Souri aux pique-niques du treizième jour, en passant par la table du Haft-sin, Norouz relie sans interruption depuis plus de 3000 ans les Iraniens à la renaissance du printemps — une fête plus forte que les régimes, les invasions et les frontières, portée aujourd'hui par des dizaines de millions de personnes bien au-delà de l'Iran.

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